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24/06/2008

La Sécu, C'est Cuit ?

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Or donc, après les franchises médicales - dont le concept est tout simplement terrifiant : seuls payent les malades, et peu importe leur condition sociale - voici que le Président des Caisses de la Sécu, Frédéric Van Roekeghem "suggère" pour combler le "trou" de l'assurance-maladie de dérembourser certains médicaments prescrits dans le cadre des affections de longue durée (Cancer, Sida, Mucoviscidose, Sclérose en plaques .. que des maladies trop sympas, quoi !).

D'abord rappeler que les soins des patients atteints d'une affection longue durée sont pris en charge à 100% par l'assurance-maladie.
Et tant mieux, car à part être pété de thunes, je ne vois pas comment une femme atteinte d'un cancer du sein pourrait assumer le coût d'une chimiothérapie (200€ minimum la séance) ou un séropositif celui d'une trithérapie ...

Oh bien sûr notre polytechnicien ne va pas jusqu'à suggérer l'idée que le cancéreux ou le séropositif ne soient plus pris en charge à 100%.
Sinon t'imagines le tollé que cela produirait.
Il n'a pas fait Polytechnique pour rien notre ami.
Non, comme toujours, il y va progressivement, procédant par étapes.

Et donc la première étape pour
nos pauvres et miséreux malades en affection longue durée, c'est de leur dire que les médicaments à vignette bleue, ceux que l'on nomme médicaments de confort, ne seront plus remboursés à 100% mais à 35% !

Déjà, tu noteras le terme :
Médicament de confort.

Un terme proprement scandaleux (mais demande-toi qui a inventé ce terme ..) !

Scandaleux, parce que le citoyen en bonne santé (et qu'il le reste au train où vont les choses !) qu'entend-il ?
Il n'entend pas médicament mais juste :
Confort !
Et donc, il va penser, puisqu'il s'agit de confort, que le patient pourrait bien s'en passer.

Sauf que non.
Car ça n'a rien à voir avec un quelconque confort.
Comme le rappelait fort justement
Christian Lehmann, médecin généraliste, dans le JT de 13h de ce jour sur France 2.

Crois-tu que prescrire un médicament pour t'empêcher de vomir tout ce que tu sais soit un médicament de confort, citoyen ?

Tu as compris en quoi consiste ces médicaments dit de confort ?
A traiter les effets secondaires
(souvent insupportables) d'un traitement lourd.
Je connais mieux en terme de confort.

Mais ce n'est pas tout.

Il est également question de redéfinir le champ des affections de longue durée.
Va donc voir la liste de
ces ALD, et objectivement, tu peux me dire celles dont on pourrait estimer qu'elles ne nécessitent plus d'être considérées comme telles, soit ne plus être prises en charge à 100% ?

Elise Lucet a beau rappeler que "ce n'est qu'une proposition" (mais oui, bien sûr ..) le fait est que oui, on s'achemine doucement mais sûrement vers un système anglo-saxon, où seuls celles et ceux qui ont les moyens financiers (notamment de s'offrir une mutuelle digne de ce nom - j'ai bien dit : s'offrir, oui ! Pour les pauvres, ce sera juste : souffrir ! ) pourront accéder aux soins.

On s'achemine, oui, doucement mais sûrement vers la fin d'un régime basé sur la solidarité.
Sous prétexte d'un trou qu'on nous agite depuis des années mais dont on n'a pas la moindre preuve de sa béante existence !

Note que le Dr Christian Lehmann n'omet pas de rappeler que l'actuel Président des Caisses de la Sécu est un ancien cadre de chez ...
AXA.
Et que, tiens donc, comme par hasard, les assureurs privés n'attendent qu'une chose :
Le démantèlement de l'assurance-maladie pour s'emparer de
ce marché (eh oui, la maladie, mon pote, c'est un marché - t'as envie de gerber quand tu prends conscience de ça ? .. Ben prends-y donc un médicament de confort ..)

Mais attends, c'est pas fini !

Qui,
le 22 septembre 2004, a nommé Frédéric Van Roekeghem, cet ancien cadre de chez AXA, à la tête de la Sécu ?

Xavier Bertrand !

Et quelle est la profession d'origine de M. Bertrand ?

Je te le donne en mille :
Agent d'assurance.

T'as compris comment ça s'danse maintenant ?

Alors tu attends quoi pour signer
cette pétition, bordel ?
D'être malade ?



Ensemble ...


La Pétition
: Ensemble Pour Une Santé Solidaire


Enquête
: Comment Se Prépare La Privatisation De La Sécurité Sociale

22:30 Écrit par Josey Wales dans Actu Alitée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité sociale, affections longue durée, frédéric van roekeghem, xavier bertrand, assurance |

08/06/2008

"Qu'Attendez-Vous Des Autres ?"

On est étonnamment volubile lors de la première séance, celle d'une analyse.
Et pourtant, avant de s'y rendre, l'on est tétanisé, traqueur, persuadé que rien, rien ne sortira.
Pas le moindre mot.

Et puis quoi, quoi dire ?

Ou plutôt :
Par où commencer ?

C'est un tel bordel, en vérité.

Ne faudrait-il pas au préalable répéter son texte tel un acteur, sur le papier coucher le
storyboard, celui de sa vie, ordonner, trier, destiner.

Destine-moi un mouton, ô Prince de la Nuit, Père de mon désert !
Destine-moi un but, mon Ange-Gardien, goal-keeper de mon âme ! 
Destine-moi un Tigre, une occasion du Lion, astrologique-moi l'esprit !

L'Inconscient

Ce vendredi 24 septembre 1993, ça brinquebale du ventricule, branle de l'oreillette, quand je pénètre dans ce méridional cabinet ; j'ai comme un marteau à la place du coeur.
Un marteau p'tit coeur.

Mais à peine installé, voilà qu'ça part, qu'ça gicle.
Sans queue.
Ni tête.

J'vide mon sac.
J'déballe.
J'éjacule verbal.
Je m'encordonne ombilical.

Ca valse, ça geint, ça pleure
sa mère, mais vise bonhomme : j'en ai deux, paires, comment tu l'expliques, hein ?
Tu l'expliques comment que je sois, de père, orphelin ?

Il était beau mon père, il sentait bon le sable chaud,
Pépé-le-Moko, Ventura Lino, marié sur le tard, trop tard !
Ailleurs il était son coeur, dans un patelin en straminer, mais l'a pas osé, il est resté ; ça l'a rongé, lentement, ça l'a bouffé, de l'intérieur : le cancer ; et pas le petit !
Faut croire qu'il était immense, immensément grand, son chagrin.

Ah
le Sida, oui ...
J'l'avais oublié c'lui-là !

Dans mon sang le Khmer Rouge, et alors ?

Bien sûr je l'ai voulu.
Que crois-tu ?
Je l'aimais, passionnément, je pensais le lui prendre, le virus, tu comprends, m'inoculer pour la sauver, comme un marché avec la Mort, quelque chose qui ressemblerait à :

"Tu la lâches, et en échange, tu me prends, moi."

Ne pleure pas Madame, je t'en conjure, tant je le crois, tant je le veux, tant tu verras, je l'aurai la vermine !
Tant tu verras, je lui ferai la peau à ce salaud !

Il n'y a point,
mon amour, de chemin que l'on ne puisse dévier de sa trajectoire, fut-elle maudite.
Toute rivière est destinée à retrouver son lit.
Et toute vie, son cours.

Oui, je l'ai voulu, et alors ?

Que vous dire de plus ?

Qu'orphelin de père et de cancer, désormais fort marri d'être veuf, je me retrouvais seul, ombre ombilicale, hors-la-vie et la loi, pas même celle du talion, sinon dedans pour dedans, oeil pour deuil, borgne to be alive, non merci, pas besoin dead ..

Dans tous les sens je partais, les mots comme des fusées, mélangés, brouillonnés, imparfaits ; et les maux pieds nickelés, ficelés, au plus que présent conjugués.

Alors bonhomme, tu l'as trouvée comment ma disserte ?
Hein ?
Parce que tu vois, là, j'trouve plus rien à dire, c'est à toi d't'y coller mon pote !
Vas-y, joue-moi du
Freud, sors-le-moi ton Lacan ..

Mais rien.
Sinon, le silence.
Et votre regard.

Et voilà qu'il m'envahit et me glace, le doute.
Ai-je bien dit ?
Ai-je bien fait de le dire ?
Est-ce ainsi qu'il fallait que je le dise ?

Vous me regardez encore, dans mon jus me laissez mariner, peut-être qu'au fond, vous aussi cherchez les mots, ceux qui tombent justes et vous faites bien ; mieux, vous faites mouche quand enfin elle s'ouvre, votre bouche, et qu'à la question elle me soumet :

"Qu'attendez-vous des autres ?"

Saisi, j'étais.
Et cueilli à la fois.
Comme un écolier.

Merde alors !
Si j'm'attendais à ça !


"Qu'attendez-vous des autres ?"

J'ai cherché, rongeant mes ongles pour de faux.
J'ai cherché, mais je n'ai pas trouvé.
La réponse.
Je n'ai pas su répondre à votre question.

Quinze ans plus tard, elle reste posée et toujours sans réponse.


podcast

17:30 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : analyse, mots, maux, sida, mort, françoise rivière, l'autre |

06/06/2008

Sexe, Mensonges & Idéaux

"Vous n'êtes que fantômes/ombres et somnifères/Vous n'êtes plus rien/Rien d'autre qu'un rouage/Et sur vos tristes existences/La Vie se lamente et geint/De ne trouver sa juste place."
[Aix-en-Provence, rue de L'École - Juin 1993]



Sans doute auriez-vous préféré que je sois autre, autre que l'ombre ou le fantôme que je me tue à faire vivre.



"Et passent les voitures/Les avions, les bateaux/Au volant de mon songe/Je m'en tire à nouveau."
[Aix-en-Provence, rue du Puits-Neuf - 27 décembre 1992]



podcast

22:48 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantôme, ombre, existence, l'autre, songe, eternité |

 
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