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21/07/2008

L'Hiquantristesse [Verset 5.3 ]

"L'aveu est un couteau brûlé par le sang, rongé par le sable, magnifié du désert de nos sentiments.
L'aveu est la condition de survie de l'individu."
[Me, Myself & Aïe - Aix-en-Provence, Été 1992]


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Madame, Souffrez-Moi !

Mon compte en manque est devenu intolérable !
Il s'alourdit comme autant de billets doux rendus illisibles par le poids de l'Espace et du Temps, que je maudis.

Vous savez, vous aviez raison : ils ne se doutent de rien !
De fadaises, quotidiennement ils se nourrissent.
Et comme j'ai mal de ne pouvoir rien y changer.
Comme je suis mal d'être là.
D'être tas.
Grise falaise, ivre de peurs mal négociées, de douleurs mal digérées.
Échoué volontaire et négligeant l'idée du partage, à l'amer je suis l'Homme.
Agrippé au bastingage de l'ennui, harangueur des roulis arrogants de l'avis contraire de mon semblable qui ne me ressemble guère, sinon par temps de pluie, naufrage je suis.

Ne m'en veuillez point Madame, mais je dois vous l'avouer, je me suis, contre votre volonté dernière, désestiné au risque de vous déplaire.
Au point de vous décevoir.
Et le cochon qui me dévore le coeur donnera messe, dimanche à l'aube.
Elle sera pourpre, rayonnante.
Une aube masculine, égoïste, pestimiste.
Elle vomira ce que je n'ai su vous rendre belle.
Elle criera bien fort, la garce, quel homme j'étais, et le Monde, comme toujours, à ce Monstre, tournera le dos.

T'en souviens-tu, qu'avec vous Madame, mon tendre et douloureux Amour, j'ai courtisé la Mort.
Elle ne vous dit pas bonjour.
Elle a perdu votre trace.
Votre nom ne lui dit rien.
Oui Madame, près de vous, la Mort j'ai courtisée,
celle qui n'a pas de visage.

A la Science comme au Ciel, je renonce à donner mon corps.
A la Science par répugnance !
Quant au Ciel, comment pourrais-je y accéder, croire une seconde y monter, quand, tu le vois bien, tout finit par des cendres ?
Il s'éparpillera, ce corps, un mois de novembre, fouetté par le vent, glacé par l'ignorance.
Et ils auront beau dire que j'ai eu tort de me haïr pour mieux les détester, je n'en ai que faire, je vous aime et ne sais que souffrir et vous le rendre.

A en vomir.

[L'Hiquantristesse, Été 1992 à Aix-en-Provence - Revu & Corrigé, Été 2008 à Toulouse]



podcast


[Zik : "Sons And Daughters - (Reprise)" by The Neville Brothers - C'est ce titre que Zazie a samplé pour en arriver à "Fou De Toi" ...]


L'Hiquantristesse est une forme de désespérance coupable ou de culpabilité désespérante. Des espoirs viennent parfois, ou par dessus tout, rayer l'émeraude, mais le sang reste à quai. Il n'y a point de remède, point de vaccin. L'Hiquantristesse se nourrit du quotidien. Puis, vorace, elle se nourrit toute seule. Elle n'a besoin de personne. Elle a besoin de tout le monde. Elle a besoin d'Amour puis de Séparations, d'Amour et de Séparations, jusqu'à persuader son hôte de l'inutilité de sa condition. Hôte tentant alors de soulager ses maux par l'écriture, vaine écriture dans laquelle, il cherche un mot, le dernier ; Le dernier des mots Hiquants.


Autre Verset :
L'Hiquantristesse [Verset 8.2]

20:01 Écrit par Josey Wales dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aveu, espace, temps, partage, naufrage, mort, amour |

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