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27/08/2008

Tel Épris Qui Croyait Prendre

Je Pince, Donc Je Te Suis !

Je bringuebale, j'tangue, j'vais de guingois, c'est clair, j'suis plus d'équerre.
Les rues, les artères, j'te les prends, sévères, perpendiculaires.

Non mais t'entends ça ?
Écoute donc :
J'ai le palpitant qui ballotte, les valseuses qui cahotent et regarde mes paluches, les pauvrettes comme elles tremblotent !
Du traczire, c'est le son.
Et ça m'fout les j'tons.
Moi qu'avais juré, craché que non, ah ça non, de l'amour je n'serais plus le nom.
Ben v'là que ça me reprend.
Sur la comète, à nouveau j'fais des plans.
Je rêve de tire-fesses et de funiculaire.
De ma carré, m'extirper, les anges tutoyer, la vie contempler.

Moi qu'avais baissé le rideau, j'y grimpe à nouveau.

Moi qui m'croyais brisé, disloqué, qui m'voyais étanche, me revoilà fulgurant et fringant, tel un Adam prêt à déplacer des montagnes pour que son Eve reste.
Faut croire qu'à trop s'voir couler à pic, elles vous rattrapent puis vous happent, les cimes.

J'étais sonné, me voici sommé.
De me rendre.

Tel épris qui croyait prendre.



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21:52 Écrit par Josey Wales dans L'Epris | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : benedicte desforges, épris, renaissance, pic, amour, éternité, heaven |

25/08/2008

Non, Mais T'as Vu Ma Gueule ?

"Le bonheur c'est du chagrin qui se repose."
[Léo Ferré]

Train De Nuit

Il vient de passer Cahors, le train de nuit.
Il est 5h02.
Je ne dors pas.

Tête posée sur mes genoux, tendrement je regarde les voyageurs en lousdé avec la folle envie de leur dire qu'ils sont beaux.
Qu'ils sont beaux, oui ! Parfaitement !
Même toi, là-bas, avec ton survêtement à la con, trop bleu, trop clair !

Il est 5h02, et va savoir pourquoi, dans ce tortillard nocture, j'ai subitement envie de sortir de ce qui m'encombre, m'encachotte et me pèse.
Me déloquer de mon moi.
Lever mon cul, et, avec la voix de cet abruti de franco-sénégalais de Richard Bohringer dire :
"C'est beau, non, les gars ? ... C'est beau un train de nuit, la nuit !"

Même que, juré, craché, c'est pas des sornettes.
Que je le pense vraiment.
Que ça me bouleverse, tellement je le pense fort.
Croix de bois, croix de fer, si j'mens, que c'train (dér)aille en Enfer !

Et quand bien même serait-ce le signe d'une vertigineuse phase de régression, ou d'une cul-cul-pralinerie ferroviaire, m'en fous, je maintiens, oui, que c'est beau : ce train, cette nuit, ces lumières tamisées, et vous, à moitié ou au trois-quart endormis.

C'est à 5h02 que, avec autant, sinon plus de retard que ce train de nuit a pris dès le départ, je comprends.
Je réalise.

Je réalise que c'est ça !
C'est ça que je voulais te dire quand inlassablement, en berne des fossettes, tu me questionnais ; quand un tantinet inquiète tu me demandais ce que j'avais, ce qui me passait par la tête, et qu'invariablement je te répondais :

- Non, mais t'as vu ma gueule ?

Alors qu'en fait.

Alors qu'en fête, je voulais te dire :

- C'est beau, non ? Ce moment. Tous ces moments ! ... Et nous ! Et nous en plein dedans ! ... Non mais tu te rends compte de la chance que nous avons ? De nous trouver là, tous les deux, rien que nous deux, au beau, si beau milieu de cet instant. De tous ces instants !

Et puis, non.
J'ai pas osé.
Dans ma gorge, tous ces mots sont restés.
Noués.
Avant de, sur mes cils, perler.
Puis sur ton étoile filante, glisser.

Comme si, le bonheur, c'était juste beau.
A pleurer.



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16:54 Écrit par Josey Wales dans Confession, L'Epris | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : benedicte desforges, train de nuit, cahors, beauté, bonheur, etoile filante, jamiroquai |

22/08/2008

Jean Carmet

Un Jean Bien

Il racontait souvent cette histoire, Jean.
Une vraie histoire.

Une fin d'après-midi, il descend, seul, les Champs-Elysées.
Un homme les montant, l'accoste et lui dit :

- Monsieur Carmet ?
- Oui, répond Jean.
- Je voulais vous dire : vous êtes triste. Vous êtes triste et surtout, vous êtes seul.

Interloqué -
t'as vu comme je sors des mots incroyables : interloqué ! Non mais quelle honte !

Interloqué, banalisais-je, Jean Carmet lui dit  :

- Mais pas du tout ! ... Enfin voyons, je ne suis pas triste ! ... Quelle idée ! ... Et je ne suis pas seul ! .. Et d'ailleurs, je m'en vais voir des amis .. Et puis, vous savez, j'ai .. J'ai une famille, une femme ...
- Non, Monsieur Carmet. Non ! .. Vous êtes triste. Et ... Comme vous êtes seul !

Et sur ces mots, l'homme continua son chemin.

Quatre ans plus tard, Jean Carmet passe des vacances en Martinique.
Un matin, très tôt, il décide de faire une balade, seul, sur la plage.
Histoire de prendre l'air.
Tout simplement.

Il marche sur cette plage quand au loin, il aperçoit une silhouette.
Et plus elle avance vers lui et lui vers elle, plus cette silhouette lui semble familière.
Curieusement.

Aussi incroyable que cela paraisse, il s'agit du même homme.
Celui qu'il avait croisé, quatre ans plus tôt, sur les Champs-Elysées.

Arrivé à sa hauteur, et sans s'arrêter de marcher, l'homme dit à Jean :

- Je vous l'avais bien dit.



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01:53 Écrit par Josey Wales dans Une Pause | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : jean carmet, solitude, tristesse, paris, martinique, plage, friday |

 
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