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22/09/2008

C'Est Maman Qui Va Être Contente !

Demain, Le Carnage

Maman, elle nous disait toujours à ma soeur et moi, que nous n'avions surtout pas à nous plaindre, parce que nous, les jeunes, on n'avait pas connu la guerre !
Alors, du haut de nos 5 et 7 ans, on lui répondait à maman que ben tant mieux ! Parce que la guerre, c'est moche, que ça fait pleurer les femmes et que ça tue des tas de gens, bref qu'on était vachement contents, de ne pas la connaître, la guerre.
Ma pauvre mère, elle haussait les épaules, et, faisant fi de nos protestations, nous servait des salsifis, même que c'était à cause d'eux, les salsifis, qu'on se plaignait ma petite soeur et moi, qu'on aurait préféré des frites ou des coquillettes.
Alors maman, elle nous disait que si c'était la guerre, eh ben nous serions bien heureux, croyez-moi les enfants, d'en manger des salsifis, qu'en temps de guerre on ne mange pas ce qu'on veut mais ce qu'on trouve et que c'est rarement des frites ou des coquillettes.

- Ouais mais c'est pas la guerre, là, maman, je lui faisais remarquer. C'est mai 68 !

Ma mère, elle soupirait, me rappelait pour la énième fois qu'on ne disait pas "ouais" mais "oui", mais comment on t'a élevé à la fin ? Qu'elle aimerait bien savoir ce qui se passe dans mon école pour que je profère des âneries à longueur de journées, que décidément tout se perd, les valeurs comme le respect, notamment celui des anciens, et que, bon sang de bonsoir, ce qu'il nous fallait à nous les jeunes, ce serait, oui, une bonne guerre ! Que ça nous remettrait les idées en place et pas qu'un peu !
Puis, elle ajoutait trois ou quatre immondes salsifis dans mon assiette et nous assurait que la guerre, ça n'a pas que des mauvais côtés, que par exemple, ça réglerait le problème du chômage parce que, ensuite, quand la guerre serait finie, eh bien il faudrait tout reconstruire, que ça donnerait du boulot à tout le monde et pour un sacré bout de temps.

Faut dire que ma mère elle l'a connue la guerre, vu qu'elle est née après le Krach de 1929, plus précisément en 1933, quand Franklin Delano Roosevelt pour sauver les banques et pas les pauvres, il a décidé d'une nouvelle politique qu'il a nommé le "New Deal" pendant qu'en Allemagne un petit moustachu, par les urnes arrivait au pouvoir et s'apprêtait à mettre l'Europe à feu et à sang, même que les américains ils ont mis cinq ans à réagir, cinq interminables années avant de venir nous libérer, mais c'était pas à cause du petit moustachu, mais des Russes - une bande de communistes de catégorie une menaçant copieusement l'empire capitaliste - ces Russes qui, aux yeux des américains, commençaient à prendre un peu trop d'importance dans cette guerre, à croire que, si les Russes ils n'avaient pas existé, ben les américains, ils seraient restés chez eux nous laissant crever la bouche ouverte ou pire, faire allemand première langue tout le restant de notre vie.

C'est peut-être pour cela, et les conflits qui suivirent, l'Indochine, l'Algérie, que ma mère, elle en parlait souvent de la guerre.
Lui trouvait des vertus.

Pourtant, à Oran, elle a vu de ses yeux vu ce que ça faisait la guerre sur le corps humain ; elle a vu l'horreur, maman ; un cinéma exploser et dégueuler des bras et des jambes, des membres déchiquetés dont on n'arrivait même pas à savoir à qui ils appartenaient !
Faut croire ça ne l'a pas dégoutée pour autant, maman, alors que Adrian Cronauer dans "Good Morning Vietnam" si, lui ça l'a marqué à vie, quand il a vu la même chose, à la seule différence que c'était un restaurant au Vietnam.
Mais bon, c'est un film, et ma mère elle disait que les films c'est n'importe quoi, que la guerre c'est pas du cinéma, pas de la rigolade, même si elle riait tout ce qu'elle savait quand la télévision diffusait "La Grande Vadrouille", le film où on ne parle jamais de Pétain, des milices et de la collaboration.

C'est à elle, donc, ma mère, que je pensais l'autre semaine, et hier aussi, lorsque je me penchais sur les nouvelles du Monde où l'on évoquait, tiens donc ! Le Krach de 1929, rapport à la noyade de Lehman Brothers (bien moins drôle que les Marx Brothers) que c'était la même histoire, kif-kif bourricot quoi ! Grosso-modo un système bancaire qui fait ce qu'il veut avec ses cheveux, prend ton blé pour spéculer et te pisse à la raie.
Sauf que cette fois, les américains du gouvernement ils n'ont pas attendu quatre ans comme en 1929 pour prendre des mesures, ils ont fait les gros yeux et la morale libérale aux établissement bancaires et ensuite, ils leur ont prêté des centaines et des centaines de milliards de dollars en leur faisant jurer-cracher qu'ils n'avaient pas intérêt à recommencer leurs conneries sinon ça allait barder pour leur matricule, même que je me suis dit ça alors ! Nous vivons sur une planète bien étrange, une planète où quand les banques sont malades, on leur file tout plein de pognon, alors que quand ce sont les pauvres qu'agonisent, non.

Nous vivons sur une planète où l'on sauve les banques, pas les pauvres.
Par exemple : la Louisiane.

Je pensais surtout que dix ans après le Krach de 1929 - que l'on compare donc à la faillite actuelle mais en pire - c'était la Guerre Mondiale et qu'ensuite, je veux dire une fois la guerre finie avec son cortège immense de morts et pour certains abrutis, de détails de l'Histoire, l'économie s'en portait mieux, voire mieux que jamais.

C'est d'ailleurs ce qu'il disait hier, dimanche, dans l'émission "Ripostes", le Monsieur qu'a une tête d'oiseau et qui est super intelligent.

Le Monsieur qui s'appelle Jacques Attali et qu'avait, en décembre 2006, senti le Krach actuel venir.

Avec un air de chien battu, il tentait de faire comprendre à nous autres les gueux et à Serge Moati - tu sais le Monsieur à lunettes pas possibles qui présente "Ripostes" sur France 5 en remuant tous ses bras et en parlant comme un acteur de théâtre qu'il n'est pas - Monsieur Attali disait que, il y avait des tas de similitudes entre 1929 et aujourd'hui, qu'il craignait fort qu'une des possibilités pour sortir de cette guerre économique sans merci, ni pitié, ni merde, c'était la guerre, mais la vraie, la moche qui fait pleurer les femmes et qui tue des tas de gens.
Qu'on pouvait encore l'éviter, cela dit, la guerre, à condition de ne pas faire entrer l'Ukraine et surtout la Georgie dans l'Otan, que si on le faisait, ça allait salement énerver les Russes, et pas que les Russes, mais que, malheureusement, disait Monsieur Attali, il semblerait que ce serait quand même le cas ; en décembre prochain, a-t-il précisé tristement.
Et peu importe que ce soit Obama ou McCain le nouveau chef de la police mondiale !
De toutes les façons, ce sera McCain, il a dit Attali, et donc adieu, veaux, vaches, cochons et tout ce qui s'en suit.

Moi, je le sais depuis longtemps que nous courons à la catastrophe, avachis, endormis, chloroformés que nous sommes par ce redoutable instrument (de propagande) censé divertir le peuple qu'est cette salope de pute : la télévision ; sauf que, ce qui nous pend au nez, je n'appelle pas ça la guerre, mais le Carnage, même que ça énerve considérablement tous mes amis quand je prononce ce mot de Carnage, mais désolé, je n'en vois pas d'autre.

C'est sûr que, le Carnage, ça ne va pas arranger cette histoire de réchauffement climatique, tu penses ! Balarguer des bombes thermonucléaires à tire-larigot ça va te le dérégler définitivement le climat et créer de nouvelles maladies bien dégueulasses ! Mais en même temps, ça fera turbiner l'industrie pharmaceutique, celle qui te pique ton blé et te pisse à la raie comme les établissements bancaires d'investissements !
Sans oublier que ma mère, elle te dirait que ça réglerait une bonne fois pour toute le problème Nord-Sud, vu que c'est le Sud qui va s'en prendre plein le groin, tant et si bien, qu'il n'y en aura plus, de Sud.
Donc, plus de pauvres.
Ben oui, vu que les autres de pauvres, ceux du Nord, ils seront morts à la guerre, partant du fait que le Riche est exempté de conflit.
Autant faire d'une pierre deux coups, non ?

Bon c'est sûr qu'il ne restera plus grand monde après cette Troisième Guerre Mondiale, ce Carnage indescriptible, mais comme maman dit, après y'aura du travail pour tout le monde, voire trop vu qu'on ne sera plus très très nombreux sur cette putain de Terre.
Et fort mal en point, de surcroît.

Sincèrement, j'espère qu'elle l'a vu, Monsieur Attali, Maman, hier, à "Ripostes" !
Tant elle a dû être contente d'apprendre qu'enfin son voeu allait être exaucé, que nous allions connaître une bonne petite guerre de derrière les fagots, nous les jeunes cons.
Que nous allions enfin en manger des salsifis et sans se plaindre, des salsifis par la racine, que ça nous y ferait les pieds et le reste, qu'on ferait un peu moins les malins.

Ouais, c'est maman qui va être contente, je me suis dit.

Même si, pour être franc, et totalement incorrect, je m'en fous, moi, que ce soit la guerre bientôt, la bien moche qui fait pleurer les femmes et tue des innocents.

D'abord, parce que je le savais déjà, qu'un jour, y'aurait le Carnage tellement on est des cons.

Et qu'ensuite, ma copine, c'est Sarah Connor.
Ouais parfaitement, Sarah Connor !
C'est dire si je vous emmerde tous !


podcast


16:49 Écrit par Josey Wales dans Actu Alitée | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : guerre, economie, carnage, lehman brothers, capitalisme, ultra-libéralisme, attali |

Commentaires

La guerre c'est moche, la guerre c'est pas bien,
Non à la guerre. Oui.

La mienne de mère ne voulait pas qu'on superpose beurre et confiture sur une tartine, parce que pendant la guerre, ça ne se faisait pas.
Elle disait aussi qu'en temps de guerre, les gens avaient autre chose à foutre que de remplir les cabinets des psychanalystes. Donc en fait, c'est pas si mal une bonne petite guerre, ça te remet les idées à l'endroit.
Et puis toutes ces belles amitiés viriles, cette solidarité militaire, un exemple pour la jeunesse lascive, absolument.
Et puis la bombe H sur la gueule des Japs, ils l'ont bien cherchée.
En plus, ça a fait avancer la science.
Et j'en ai plein d'autres...
mais ça ira, là.

Mais nous on s'en fout, on est des vieux babs.
Y'a toujours quelque chose qu'on fera mieux que la guerre.

Tiens, et j'en profite, je vous emmerde tous aussi.

Écrit par : bénédicte | 22/09/2008

Tu sais qu'avec nos "je vous emmerde tous" on va devenir tricard sur Internet ?
On va devenir quoi sans nos "amis", ma belle ?

[Silence pas religieux pour un sou et rires à gorge très déployée]

Juste un trucs, babs, à la limite, mais pourquoi "vieux" ?
J'en connais des pétées de jeunes cons qui sont déjà bien plus vieux que n'importe lequel d'entre nous deux réunis.
Même que, cette défigurée de l'esthétique sauvage - et barbare surtout - je veux parler de Jeanne "Le-Cinémââââ-c'est-la-vie" Moreau, elle est foutrement plus jeune que ces malfrins qui jamais, ne sauront faire mieux que nous, autre chose que la guerre !
A part dire, ces crétins de catégorie Une, que la guerre, bouh, c'est pas bien, et que putain, la pluie ça mouille et rouille mon piercing à la noix.
Et signer des pétitions à la petite semaine pour se donner bonne conscience.

[Bon là, c'est clair, j'suis tricard chez le jeune. Mais en même temps, et comme disait Pierre Desproges, j'aime pas le jeune, il est trop con, et je ne m'aimais pas, quand je l'étais EN AGE...]

Écrit par : Josey Wales | 22/09/2008

ben oui, c'est bien la guerre, ça fait baisser le chomage, monter les profits, travailler les banques, d'ailleurs on devrait y envoyer aussi les filles, sinon elles feront des petits avec des romantiques, ou des malicieux, et aprés ça sera le bordel intégral, avec des gens qui ne voudront pas travailler, ou qui réfléchiront, et la société , ça sera l'anarchie, avec ceux qui te pissent à la raie et qui "t'emmerde tous", et yen aura même qui aimeront ça...

Écrit par : tarmine | 22/09/2008

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir eu des parents communistes.... A part ça, moi je dis la guerre, bouh ! c'est pas bien, je fais signer des pétitions - enfin j'en ai eu fait signer - à la petite semaine, je crois pas pour me donner bonne conscience. Et j'adore jeanne Moreau, d'abord pour son anticonformisme... On est tous le tricard de quelqu'un, non ? Chuis con, parce que j'hésite à me lancer à cause de la longueur de tes billets, et du coup j'en rate, alors que je suis jamais déçu à la lecture.
Allez, je te laisse, moi aussi j'ai mieux à faire que la guerre.

Écrit par : Oh!91 | 22/09/2008

Ben moi j'adore les salsifis... Surtout ceux de ma grand-mère...

Sinon, guerre... pas guerre ?
Franchement, j'ai pas particulièrement d'avis... Et c'est sans doute un tort...

Écrit par : Opaline | 22/09/2008

second degré ?
certainement pas
du ressenti pur et dur
mais que du ressenti
le ressenti n'empêche rien
même pas l'amour
quoi qu'il en soit, sois le bienvenu chez moi
chez moi, y'a pas de second degré
y'a du degré sans étage au point que j'en ai parfois le vertige
par contre, faudra que j'approfondisse ma lecture par ici ...

Écrit par : Pommefraise | 23/09/2008

Tiens, nos Mamans étaient la même année. La mienne n'a pas connu la guerre d'Algérie, mais l'exode, puis l'occupation... Elle nous racontait les masques à gaz qui lui faisaient peur, mais comme elle était du genre optimiste, malgré tous les morts de sa famille, elle me parlait aussi des gentils américains qui étaient venus les libérer. Et c'est vrai qu'ils étaient beaux et gentils sur les photos !
Comme elle est morte il y a 22 ans, elle verra pas la prochaine. Mais tous les jours avec notre gouvernement, les banques et les golden boys, je me dis "tant mieux qu'elle soit morte, au moins elle verra pas ça."
La guerre existe déjà, partout sauf chez nous. Chez "nous", les riches qui consommons et exploitons les autres. La guerre on la fait aussi chez eux, c'est plus pratique quand même.

Écrit par : Ed | 23/09/2008

Je devrais ouvrir plus souvent les commentaires, ici.
On y trouve du beau monde je trouve.
Ceci dit, trois petites remarques...
- Ta mère semble avoir l'âge de ma grande soeur, à deux ou trois ans près. Qu'a-t-elle pu vraiment connaître de la guerre ? 12 ans en 45 ? Peut-elle faire autre chose que de resservir ce qu'elle a entendu dire, elle ?
- Cette époque-ci fait peur. Oui. Elle offre sans doute l'occasion de (très, très) beaux billets,mais elle fait peur. Pour ma part, elle initie quelque chose dont le nom n'existe pas encore. Guerre. Carnage. Non. Ce sera pire.
- Je te crois sévère pour cette mère. Tu parles de honte, de mal aimé. D'absence de gestes de tendresse. J'ai connu. J'ai donné. Pas de la part de ma mère, mais de mon père. Pas meilleur. Mais, avec la barbe blanche m'a poussé d'autres idées. Derrière la dureté, l'indifférence, voire le mépris, voire la haine (rejet du rejeton pédé). S'il n'y avait que de la souffrance ?
Et je m'en veux aujourd'hui de n'avoir pas su le verbaliser. A temps.

Écrit par : Boby | 23/09/2008

Je pense très fréquemment que nous vivons nos plus belles années. Je me surprends souvent à penser "tiens, c'est peut-être la dernière fois que je prends l'avion" ou "là j'achète 12 yaourts d'un coup, ça se trouve, dans 5 ans, un seul pot sera un produit de luxe". D'un point de vue planétaire, dans une humanité où il reste tant d'analphabétisme, de faim, de pauvreté, de non-accès à l'eau potable, à un système de soins... nous faisons figure de privilégiés. Et pourtant... Nos sociétés sont ultra-fragiles ! Sans électricité par exemple, comment on ferait pour vivre comme aujourd'hui ? Plus d'eau potable (les stations d'épurations ne fonctionnent pas par magie !), plus de transport public, plus de chauffage dans beaucoup d'endroit, plus de moyen de cuisiner pour autant de gens... Cauchemar ? Il a suffit de quelques bombes sur Belgrade pour mettre à bas le système d'alimentation électrique.
Je pense que chacun sait tout cela, mais que nous nous cachons cette vérité, trop dure à supporter. On danse sur un volcan, on le sait tous.

Écrit par : Franck | 23/09/2008

De toute façon, vous êtes tous fous de mater la télé, même le dimanche. Et pas n'importe quoi encore, des prédicateurs à tête de piaf...
Putain, cette trouille...

Écrit par : 5cm | 23/09/2008

J'aime pas la télé. J'aime pas avoir peur. J'aime pas la guerre non plus.

Écrit par : nana de noailles | 23/09/2008

Pareil que vous tous ;-)

Juste pour Boby, sans doute suis-je sévère avec ma pauvre mère, pas faux, mais bon, il arrive un moment où, comme tu le dis, il faut verbaliser (à temps).
Et fatalement, c'est du brutal.
Pour ce qui est de son âge, oui, elle était toute petiote pendant la Seconde - comme on dit - mais elle s'en souvient très bien. Le bruit des bottes, surtout. La peur. Voire, la terreur - c'est le mot qu'elle emploie.

Sinon, j'observe que j'ai ENFIN trouvé quelqu'un(e) qu'aime les salsifis. Alors là, big up et maximum respect, Opaline - mais les endives au four avec de la crème et du jambon dedans, t'aimes aussi ?

Je me dis toujours que je vais faire court Oh!91, et pis .. Rien à faire ;-)

Merci pour vos jolis mots ..

Écrit par : Josey Wales | 23/09/2008

Moi c'est mon grand père qui a fait la guerre. Et il en parlait pas lui, pourtant il a été dans des tranchées, il a surement tué des gens ... y avait une photo de lui en uniforme avant de partir, mais dessus il avait pas l'air si content.
La seule chose qu'il me racontait sur la guerre, c'est qu'un jour les allemands l'ont attrapé lui et ses copains, ils ont réussi à s'enfuir et ont fait du stop, une voiture belge les a pris et les a ramenés chez les allemands...quand ils ont vu ce qui se passait, ils se sont enfuis de la voiture belge et ont refait du stop plus loin, ils sont montés dans une voiture allemande, conduite par un allemand, et elle les a emmenés loin loin loin des allemands qui les avaient capturé.
C'est ça la guerre, c'est n'importe quoi, les gens deviennent tous fous.

Écrit par : NinaSotteFille | 23/09/2008

Lol et bien merci ^^ ;-) ...
Mais oui, effectivement, pour ce qui est des endives au four avec de la crème et du jambon dedans, j'adore ça aussi... (surtout si c'est ma grand-mère qui prépare ;-) ) ...

Cela dit, j'ai repensé, dans la journée, à ce texte ma foi très joliment écrit (comme toujours devrais-je dire... Je ne passe pas très souvent, mais je n'ai jamais été déçue ;-) )...
J'ai repensé au fait que c'était ma grand-mère qui tentait de me "tyranniser" avec cette guerre qu'elle a connue... Mais finalement, hormis m'apprendre qu'elle mangeait que des patates (pas de bol pour elle, j'adore ça aussi les patates) et que les chats du quartier disparaissaient petit à petit, elle ne m'en a jamais rien dit d'autre...
Mon grand-père lui, il a été déporté en Allemagne pendant je sais pas combien d'années, pour je ne sais quelle tâche à effectuer... Mais lui non plus ne m'en a jamais rien dit... ou si peu que je ne m'en souviens plus...
Et en repensant à ce texte, aujourd'hui, je regrette un peu qu'il ai été si discret à ce sujet (parce que lui je l'aurais écouté... Contrairement à ma grand-mère dont les remarques m'ont toujours laissée de marbre)...

Ça m'aurait peut-être un peu plus sensibilisée au devenir incertain de ce monde... Ça m'aurait peut-être donné un peu plus l'envie de me questionner et de m'intéresser à tout ça... Et je ne me serais peut-être pas aussi vite rangée derrière un certain fatalisme... Et peut-être qu'aujourd'hui, j'aurais un avis concernant "la guerre ou pas ?"

Écrit par : Opaline | 23/09/2008

moi aussi, j'aime les salsifis et les endives cuites! ;)

Écrit par : tarmine | 24/09/2008

Hooo j'ai trop rigolé sur ton billet qui m'a subitement fait penser à mes parents qui avaient connus la guerre, qui nous racontait sans arrêt qu'il fallait pas gaspiller l'eau, l'électricité, le charbon pour se chauffer.
Ouais ils nous racontaient souvent qu'avant ils manquaient de tout, qu'ils fonctionnaient au ticket à rationnement, qu'ils avaient vu des civils se faire tuer, des parachutistes se faire fusiller alors qu'ils n'avaient pas encore touchés terre, ils avaient connus les tranchées, les communistes et ceux qui vendaient leurs pitances à coups de dénonciation auprès de l'ennemi espérant garder la tête haute.
Il y avait aussi les "putains" qui "couchaient" avec l'ennemi et qui étaient rasées par la populace, alors elles devenaient la risée des voisins rigolards trop occupés à balayer devant la porte des autres pour ne pas balayer devant la leur.
Pour nous, l'horloge à déja sonnée, il y a déjà la guerre du capitaliste qui marchet sur la tête de ceux qu'il aura laissé à la rue, faisant s'écrouler toute l'économie pour s'en sortir blanchi, et se prendra pour dieux au même titre que les dictateurs qui ont parcourus l'histoire...
Et notre petit caporal aidé de sa blanche colombe se relèvera alors et demandera au peuple de manger de la brioche plutôt que du pain, assurant que demain il fera soleil, que plus jamais les pauvres ne mourront de faim. Peut être alors le pauvre peuple aura t'il créé un instrument ingénieux, encore plus sanglant que la guillotine, pour sacrifier à la vindicte populaire cet affreux nabot qui perdra la face et peut être la tête par la même occasion...
Mais déjà l'autre guerre plus incidieuse, plus sournoise et beaucoup plus dangereuse aura fait son oeuvre, la guerre de religion qui soumettra la femme, avilira sa chair, dictera sa charia en imposant le voile... l'homme alors aura pris les fusils et imposera sa dictature sur le reste de l'humanité parce que lui aussi se sera pris pour dieu... et pauvre de nous, nous pourrons dire que nous sommes malheureux, il n'y aura plus personne pour nous plaindre ni nous envier cette espèce de liberté que l'on croit trop souvent acquise et qui ne nous est même plus permise... oui mes parents avaient raison, une bonne guerre, ça remettra les choses en place... mais pour combien de temps ?

Écrit par : chrisalyde | 27/09/2008

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