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31/12/2009

Emmène-Moi Voir La Mer

La Merveille

Emmène-moi voir la Mer. Les goélands. L'hiver.
Sors-moi de là, d'ici, d'ailleurs.
Délivre-moi de tout, de rien, du fardeau, un quotidien.
Emmène-moi voir la Mer.

Des kilos de mètres nous boufferons, du bitume à tire-larigot, lignes droites, discontinues, gaffe, aux virages, gaffe, tiens bon la barre et t'inquiète, de tout, de rien, après tout et mine de rien, la Vie c'est qu'un chemin, par les cornes il faut la prendre, l'échine ou le cou, il faut par coeur la prendre et puis c'est tout.

Nous le ferons, ce chemin, comme il te plaira, en calèche, sur deux-roues, à tire-d'aile, évitant motels, gîtes et palaces, nous le ferons sans mots dire, sans modèle, heureux et rebelles.

Prends-moi donc, sans poser de questions, ni remuer la boue, à quoi bon.
Laisse-les crever, les fantômes, doucement, entre les lignes, en silence, plus jamais ne te retourne, ni ne réveille leurs maux, ils te niqueraient l'émail ces salauds, t'aiguiseraient les dents, ta race canine, jusqu'à ce que, trop incisive, tu viendrais mordre, fatalement, dans le mâle, le mal de mère que je suis, l'Adam de sagesse.

Prends-moi donc, une bonne fois, une bonne fois pour toute, tire-moi de tout, de rien, partout, à même le chemin, sous une étoile ou sur la paille, sans lorgner sur celle du voisin, sans lorgner la poutre apparente d'un passé, blogué, enterré, dépassé, aux cendres dispersées, aux larmes mitoyennes.

Nous le ferons comme il te plaira, sur le dos, le ventre ou le bas-côté, concave ou convenu, sur le bitume ou biturés, à couverts ou à nus.
Alors à nous deux, la Vie, les chevauchées fantastiques, les charges héroïques, et peu me chaut que les zéros tiquent, merde aux cons et mort aux vaches, le mors aux dents sautons dans l'inconnu, ah le joli festival de peaux douces, de peaux lisses et de poésies, oui, par tous les pores suons et suintons, cochon qui s'en dédit, j'en fais le serment, ce sera mon dernier saut d'homme et "go more" !

Et d'ailleurs, more and more, sera notre devise ; Mais, à la Saint-More, les fossés nous éviterons, nous servira de dicton.
Ainsi l'amer nous noierons.
Laissons-les choir nos noirs désirs, ne devenons pas les sombres héros de l'amer, tant, tu le sais bien, l'amer tue, tue le bitume, les lignes, droites et discontinues, celles, rebelles, tenant notre commun et original destin, les lignes d'un chemin naissant qu'il nous faut prendre par les cornes, l'échine ou le cou, qu'il nous faut prendre et puis c'est tout.

Il nous conduira, ce chemin, loin de tout, de rien, du fardeau, du quotidien, si près des "go more" et des goélands, de l'hiver puis du printemps, alors, putain de bordel de ta mère, Foutre-Dieu et coquin de sort, puisque de là, d'ici et d'ailleurs, que des sornettes il n'en ressort, de pauvres bobinettes, pâles et ternes fantômettes, prends-moi, prends-nous, une bonne fois, une bonne fois pour toute, sans poser de questions, ni remuer la boue, emmène-moi, emmène-nous, heureux et debouts, à tire-d'aile, en calèche ou sur deux-roues, emmène-moi, emmène-nous, voir l'Amour ; la Mer.


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18:07 Écrit par Josey Wales dans L'Epris | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : benedicte desforges, voir la mer, rebelles, toulouse, st-maur-les-fossés, go more |

Commentaires

Je n’ai pas les mots pour te répondre ici.
Et puis c’est trop… trop… trop pas pour les yeux des autres.
Je préfère te le dire dans tes yeux à toi, sur tes lèvres, sur ta peau, dans la ville rose, tout là-haut sous les fenêtres vers le ciel, entre tes murs roses. En prenant tout notre temps.
Avec un verre de rosé, ce serait bien même (comment je l’ai glissée celle-là, ni vu ni connu je t’embrouille…)
Tu vois, quand je suis troublée, en plus je déconne.
Mais tu m’aurais vue quand je l’ai lue cette lettre. Et relue. Encore et encore.
Et oui, on ira voir la mer.
Et même qu’on ira dedans en hiver. Comme un beau baptême païen pour ceux qui s’aiment et qui n’ont même pas peur des fantômes.
Et même que le chien qui t’aime aussi ira au large chercher du bois flotté pour te l’offrir en signe d’éternité.
Et puis même à la campagne, on ira.
Mais pas pour les fourmis rouges, puisqu’aucun de nous deux ne bougerait.
Et puis Chicago. Faut que je t’emmène à Chicago aussi. La rivière est turquoise.
Je te prends, toi et tes rêves.
Toi qui ressemble au mien de rêve.
C’est oui.

Écrit par : bénédicte | 26/11/2008

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