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31/12/2008

Ben’Addict [Où J'te Kiffe La Keuf]

J’étais cul mal assis sur cette fontaine de béton.
C’était mi-août.
C’était Maison-Alfort, Juliottes, un désert.
J’étais habillé tout pareil que sur la photo, celle de la Misamour, celle que tu vois, trouée, tout en haut, à gauche, juste j’avais rajouté une tête, la mienne, et des lunettes.
Noires.

Me disais, c’est con, mais qu’ainsi elle me reconnaîtrait.

J’avais l’impression d’être en équilibre, précaire, sur un trapèze.
Mal à l’aise.
Et puis, elle est arrivée.

Le Flic.


Alfort-Juliottes, En Attendant Le Flic

Il était bien tard. J’sais plus. Peut-être 2 ou 3 heures du matin. Je venais de tuer une bouteille de Rosé. Une autre. J’allais renoncer. Et puis, un clic, un dernier pour la route, ah l’insomnie, chronique, et voilà que j’atterris direct chez qui jusqu’ici, j’avais joué au chat et à la souris, pas vu, pas pris : la Police.
”Manquait plus ça ..” J’pense.
Mais pour une fois, la première, me laisse prendre, surpris par la précision des mots, la justesse des propos.
”Merde, alors ..” J’me dis.
C’est quand même étrange, non, que dans ce fatras de blogs, ce désastre numérique, pince-moi je rêve, c’est d’un fonctionnaire de Police que vienne la lumière.
L’écriture la plus pure.
L’émotion.

Et je clique et reclique, frénétique.
J’vais te la coincer, te la serrer et copieux, la Keuf, non mais, c’est quoi c’te histoire, bordel !

Je clique et reclique et tombe sur un billet intitulé :
Tox”.


Comment tu t’appelais déjà ?
Putain, j’ai oublié.
T’étais belle, tu sais.
Une sacrée belle fille.

Ce jour-là, quand avec Françoise, nous débarquons dans ce taudis, ce cloaque, je ne t’ai pas reconnue.
Tu n’étais plus qu’un fantôme, un squelette perclus de trous.
Jusqu’à tes chevilles.
Derrière toi, des cadavres, des seringues, du papier alu, un nourrisson.

Va mourir “Trainspotting” et ton esthétisme à la con, la réalité est bien plus dure que ton film pour bobos attardés.

Tu tenais à peine debout dans ta robe qui flottait, panthère, dérisoire.
- Tu pourrais nous dépanner ? Qu’elle a dit Françoise.

T’avais les yeux vides.

- T’en veux combien ?”
- Pour deux cents balles, ça t’ira ?”
- Ouais .. Bouge pas .. Je reviens ..”
T’es allée voir un type, une gueule de con, enfin, je l’aimais pas, j’aimais pas sa gueule, je crois j’ai dit on s’en va, j’ai dit ça parce que je ne pouvais pas, ça je ne pouvais pas.
Mais nous sommes restés.
Tu nous a filés le “képa”.
D’héroïne.

T’es morte quelque semaine après.
D’overdose.


”L’héroïne décide de leurs jours. Pour une dose, une seule dose, quand le manque devient douleur, ils tueraient leur mère.” [Le Flic - "Tox"]

Leur mère ?
Ah ça non !
J’pouvais pas entendre ça, encore moins le lire, pas à cette heure-ci, quand bien même savais-je que c’était possible, mais non, ah non, tu te prends pour qui la bleusaille, t’y connais quoi ?
Et je te l’ai assaisonnée, la flicaille.

La réponse n’a pas tardé.
Même qu’elle a fusé, sévère.
Du Audiard.
Du caviar.
Me suis dit que j’avais à faire, là, à un sacré client.

Peut-être bien que oui, t’aurais pu la tuer ta mère, ma belle.
Toi qu’a laissé un nourrisson.


J’ai pas baissé la garde, j’ai répondu en toute mauvaise foi, mais bien poivré, tu vois, avec les formes et tout, les points, les virgules, mais rien à faire, en face, c’est qu’y en avait du répondant.
Ca devenait plus que passionnant.
Et c’est à regrets que j’informe la poulette que nous devons mettre un terme à cet échange, vu que j’mets les bouts, un pote, à Maison-Alfort, merci pour tout, mais si jamais ..

Il ne faut jamais dire "jamais".

La belle crèche à quelques encablures du poteau.
Me propose un rendez-vous.
Constat à l’amiable, ou pas.
Alors ?

J’te la case, péteux, une heure avant mon train.
Pas vu, pas pris, j’suis le chat, t’es qu’une souris.
J’aurais pas dû.
Quand elle me laisse, c’est sa bouche que je veux prendre et non celle du métro.

Dans l’train, j’dévore son bouquin.
Me dis que j’serai jamais à cette hauteur-là.
Jamais.
C’est une leçon.
Une de plus.
Et prends ça dans ta face, petit homme.

Et voilà ...............

Ce soir, avec elle, je ripaille.
Doucement.
Nouvel an.
Opération "escargots".
Et qui sait, demain, après-demain, ce soir, peu importe, je la “fiançailles”.
Et me dis qu’il est bon d’être à la fois chat et souris.

D’être “addict”.

Ben’addict.

Et advienne que pourra.



podcast



PS : Je te souhaite, blogueuse, blogueur, égaré(e)s du Net, la plus belle des années 2009.
N'oublie pas, jamais, que ça ne passe par l'oseille, c'est un piège à con(ne), mais par toi, ça ne passe que par toi.
Rien que toi.
Et n'oublie jamais de refaire le monde avant qu'il ne te refasse.
Pour la beauté du geste.
Pour le panache.
L'Eternité.

00:02 Écrit par Josey Wales dans Confession, L'Epris | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : benedicte desforges & philippe sage |

Commentaires

Heu..
Je ne sais pas quoi dire, là...
Je crois que d'abord, je vais aller courir en tongs sur le verglas in the night, et je reviendrai après t'écrire quelque chose de cohérent.
Et demain, te dire tout de vive voix,
Tout sur ce hasard,
mais y'a pas de hasard,
Et que internet c'est bien parce que t'étais là,
au milieu du magma des mots des autres,
du bruit et des non-sens, sur ta page bleue.
Et j'en savais rien.
Et que depuis le temps que je te cherche, Philippe...
Je t'aime.

Écrit par : bénédicte | 31/12/2008

.. je crois qu'il est plus que jamais..de circonstance de te souhaiter une belle et tendre nouvelle année..

Écrit par : Indigo | 31/12/2008

Je vous souhaite, moi aussi, une myriade de plaisirs et de bonheurs pour cette nouvelle année. C'est simple : que du bon.
Bises à vous deux.

Écrit par : Boby | 31/12/2008

A vous, une belle (et bonne) cuvée 2009. Si c'est possible :)
Et des bises, qui claquent fort et sincèrement. Quatre joues, c'est bon contre le froid.

Écrit par : Olivier Autissier | 31/12/2008

J'ai découvert le blog "Police" il y a peu.... et vraiment je suis addict... comme toi je le trouve extra...... quelle femme !
Bonne fin d'année la "Mise-amour"...... et du 9 pour 2009
Bisou

Écrit par : ckankonvaou | 31/12/2008

C'est une très belle histoire et je suis vraiment très content pour vous deux !
Bonne année (mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle le sera) !

Écrit par : Kinishao | 03/01/2009

Bonnes années...

Écrit par : vieille amie | 03/01/2009

Incroyable, juste... incroyable... ca fait chaud, c'est bon. Douce année.

Écrit par : Bridget | 04/01/2009

oui ici on a vraiment envie de dire:
"bonne année a vous deux"

Écrit par : menfin | 06/01/2009

oui ici j'ai vraiment envie de dire "bonne année "
a vous deux

Écrit par : menfin | 06/01/2009

Quelle belle histoire...
Pour 2009, je vous souhaite à tous les 2, et à tous vos lecteurs, une année merveilleuse, remplie de bonheur, de bonheur et toujours plus de bonheur!

Écrit par : mavalca | 06/01/2009

Si ça vous chagrine pas trop, je vais faire un joli tir groupé : merci beaucoup, et de même, je vous souhaite une bien belle année, de la chance, et le bonheur en sus.

Écrit par : Josey Wales | 06/01/2009

celui là est mon préféré de tout ceux que je viens de lire... je ne sais même pas quoi dire, juste la larme à l'oeil...
tes écrits sont durs mais quelle beauté !

Écrit par : love | 09/01/2009

Hum.
C'est bon.
Et ça fait du bien.
Merci.
A tous les 2.

Écrit par : nana de noailles | 10/01/2009

Hello Josey (je sais pas, j'aime bien ce prénom à la con), ben putain, en voilà des voeux comme j'aime, et comme je te comprends, elle est belle de partout, notre Bénédicte, on aime ou on aime pas, mais en tout cas, on est jamais indifférent, c'est ce qu'on appelle "une personnalité".
Je vous souhaite beaucoup d'amour et de week-ends ensemble et je m'espère de te rencontrer :)

Écrit par : Fiso | 21/01/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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