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06/06/2008

Sexe, Mensonges & Idéaux

"Vous n'êtes que fantômes/ombres et somnifères/Vous n'êtes plus rien/Rien d'autre qu'un rouage/Et sur vos tristes existences/La Vie se lamente et geint/De ne trouver sa juste place."
[Aix-en-Provence, rue de L'École - Juin 1993]



Sans doute auriez-vous préféré que je sois autre, autre que l'ombre ou le fantôme que je me tue à faire vivre.



"Et passent les voitures/Les avions, les bateaux/Au volant de mon songe/Je m'en tire à nouveau."
[Aix-en-Provence, rue du Puits-Neuf - 27 décembre 1992]



podcast

22:48 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantôme, ombre, existence, l'autre, songe, eternité |

19/04/2008

C'est La Faute Aux Matons

228 Broken Flower

Dans la maison, il s'engouffre.
Le vent.

Elles claquent, les portes, les fenêtres, et moi, je laisse faire.

Je tambourine sur mon clavier.
Noir.
Je cherche les mots, les points, les virgules, combat quotidien, perdu d'avance, je ne suis pas un écrivain, et même, je le sais bien, lui pareil, l'écrivain, il lutte, il les cherche, mais rarement les trouve, les mots, les points, les virgules.
Tout ce merdier qui s'ingénie à ne jamais, ou presque, tomber juste.

Tu f'rais mieux de le bousiller, ton clavier, et foutre le camp ... où ? je ne sais pas, on verrait bien, les pieds, c'est pas fait pour les chiens.

On irait, tiens, dans la nature.
Là où les mots sont inutiles.

Dans la nature, la vraie, me disais-
tu, tu ne survivrais pas, toi ; et je te répondais, que j'avais bien, jusqu'ici, survécu à la nature particulièrement hostile de celui-ci, le monde dit civilisé, celui du travail, de la compétition permanente, oui mais ..

.. Oui mais de ce monde, tu en connais les règles, m'achevais-tu, alors que dans l'autre, le naturel, le sauvage, là, de règles, il n'y en a pas.
Pas vraiment.
Enfin, ce ne sont pas les nôtres ..

Et l'instinct, celui de survie, qu'en fais-tu mon amour ?
Crois-tu que je perdrais l'équilibre, moi l'éternel funambule, maladroit certes, mais toujours, encore, regarde, sur le fil.
Du rasoir, cela va sans dire.

Dans la maison, il s'engouffre.
Le vent.

Et je les regarde, les cartons, les valises, les sacs plastique.
Je les regarde, immobile que je suis, et je ne sais, je ne peux m'y résoudre.
A partir.

"Pourquoi ? ... Pourquoi ne vous êtes-vous pas battu ?" M'avez-vous demandé.

Parce que je savais que ... Enfin ... Si je vous la montrais, en photo, j'en suis sûr, vous comprendriez, mais ...

"Après tout,
elle revient, non ? Avez-vous ajouté. Pourquoi, à votre avis ?"

Je vous ai parlée des photos ?

Non, hein ...


Alors parlons-en, de ces maudites photos ..
Celles dont j'espérais qu'elle me montrerait.
Ces photos empaquetées que j'avais entr'aperçues, en haut, à gauche, roupillantes dans la grande et si fascinante armoire.

Je lui avais demandée si, dans cette armoire, je pouvais y poser les miennes.
Voilà comment je sus qu'elles y étaient, les siennes.

Oui, j'attendais ce moment, mais, comme il tardait un peu, un peu trop, je fis, un soir, ce que je détestais faire :
Je farfouillai dans ses photographies.
Je m'en voulais de le faire, je me trouvais sale, vraiment sale.

Je n'y cherchais pas des photos de mariage, non, tant je sais qu'elles peuvent être trompeuses ; je cherchais des photos de presque tous les jours, toutes simples, et je les trouvai.

Une à la neige, l'autre au soleil.
Un soleil que je connaissais bien ...
Méditerranéen.

Sur les deux clichés, un homme, un enfant, une femme.

Le voilà donc, cet homme.
Cet homme, ce mari qu'elle a "quitté".

C'est effrayant ce que je ressentis, en découvrant ces photos.
Comme un sentiment d'impuissance.
Mais ne l'avais-je pas cherché ?

Je ne suis pas cet homme, pensais-je, je suis différent, tellement pas pareil, à l'opposé peut-être ; je suis, me dis-je en le voyant cet homme imposant, un petit homme, pas sécurisant, pas rassurant, je ne saurai pas lui donner, à cette femme, ou pas bien, pas comme il faut, vous comprenez ?
Comprenez-vous que lorsque je les ai vus tous les trois, unis, souriants, je me suis dit, qu'elle s'était juste absentée, voilà, absentée, et cela, je l'avais vu dans son regard, je vous l'assure, et je me suis convaincu que rien, je n'y pouvais rien, à moins d'être un super héros, ou alors, un type vachement rigolo ...

"Vous êtes un homme pourtant ! Avez-vous dit ... Eh si, vous en êtes un ! ... Etes-vous sûr qu'elle cherche un tel homme, celui que vous décrivez : rassurant, sécurisant ? ... Pourquoi vous êtes-vous mis ça dans la tête ?"

Je ne sais pas.
A cause de mon père, peut-être.
Qui aimait bien Jean Gabin et Lino Ventura.
Enfin, des hommes quoi ...
Mais je n'ai pas pensé à vous le dire.
Après-demain, peut-être.

Parce que oui, c'est moi, c'est bien moi qui me suis mis ça en tête, les mots "sécurisant" et "rassurant".
Me suis dit que c'est cela qu'elle (re)cherchait chez un homme.
C'est, du moins, l'impression qu'elle me donna.

Vous avez raison, vous ne le dites pas, mais je vous entends penser que je ne sais pas me voir tel que je suis.

"Il y a chez elle, quelque chose qui la fait souffrir : tant il y a, apparemment, une différence entre ce qu'elle veut et ce qu'elle désire !"

Je n'y avais pas pensé ...
Enfin, pas comme ça.

J'aurais pu vous répondre, vous avouer, que moi, je la désire autant que je la veux, toujours, encore, tout le temps, j'aurais pu vous dire combien j'espère, encore, toujours, tout le temps.
Mais espérer, ne suffit pas.
Se battre, mais vous l'avez dit.

"Vous rendez-vous compte qu'elle était, qu'elle est raide dingue de vous ? Pour agir comme elle l'a fait ..."

Oui, je m'en rends compte.
Enfin, je l'ai vécu.
J'étais aussi émerveillé que sur le cul.
Mais désormais, voyez-vous, le déménagement approchant, la voici moqueuse, aérienne en pyjama chinois, et moi, je ne sais plus, une nouvelle fois désarçonné, je ne sais toujours pas ce qu'il faut faire.

"Restez tel que vous êtes !" M'avez-vous dit.

Quoi ?
Comme maintenant ?
A regarder ces cartons ?
Entendre les portes et les fenêtres qui claquent ?
Et sentir le vent s'engouffrant dans cette maison ?

Je sais, je fais le con, rien que pour vous embêter.
J'aime bien ça, faire le con.
Ca me détend.

J'aime la faire rire, vous savez.
Et vous aussi, par la même occasion.
J'aimerais, voilà, être un peu plus léger, déchargé et non délesté, oui, j'aimerais être joyeux, mais trop souvent, je le tais, mon rire, alors qu'il bat, il est là, ça vient de loin, de l'enfance ; la gravité c'est bien joli, mais sans légèreté, c'est caca-pouêt !

Je ne sais pas pourquoi
(ma mère ?) je me laisse toujours bouffer par cette peur quasi congénitale, la peur de ne pas être à la hauteur, d'être à côté, de la plaque, de dire une énormité, de (lui) déplaire, d'être présent quand il faudrait être absent, absent quand il faudrait être là.
C'est dans ces moments-là, que le rire me quitte.
Ou plutôt, que je ne sais le faire briller.

Vous savez quoi ?

C'est la faute aux matons.

Ceusses qui me détiennent, gardent la prison, la mienne, celle que je me suis construite, amer, et que je tente de détricoter chaque lundi avec vous.

Dans la maison, il s'engouffre.
Le vent.
Mais je m'en fous.
Oui, je m'en fous bien.
Puisqu'elle rentre ce soir.
Elle et son pyjama chinois.
Puisqu'elle rentre ce soir et qu'après-demain, par vos silences, vos questions, je me vois.


podcast

17:30 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : psychothérapie, photographies, homme, vouloir, désirer, prison |

13/04/2008

La Peur De Mon Autre

"L'Homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est."
[Albert Camus : "L'Homme Révolté"]

228 Enfermé Dehors

Alors finalement ce serait l'histoire d'un mec qui ne se déteste pas.
Pas tant que ça.
Même qu'il s'aimerait bien, le mec.

Seulement voilà, il aurait fait
- mais quand ? - un choix :
Refuser, ne pas devenir l'homme qu'il aurait dû être.


La question est, bien entendu, de savoir pourquoi il a refusé de devenir cet homme qui lui tendait les bras, les bras et tout le reste.

Le mec se dit, pense que la raison de ce refus, c'est la peur.
La peur de devenir cet homme.
Peur, parce qu'il n'était pas certain qu'il l'aurait aimé, cet homme-là.
Et comment aimer l'autre, se demande ce mec, cet amoureux de l'amour, comment aimer si l'on ne s'aime pas soi-même ?


Pourquoi ne l'aurait-il pas aimé, d'abord, cet homme qui lui tendait les bras ?

Parce qu'il le voit ou veut le voir comme un homme différent de lui, un homme capable de compromis, de concessions, un homme réaliste.
Or lui, il n'est pas d'accord, je veux dire, qu'il veut tout garder, ne rien lâcher, comme s'il pensait que devenir cet homme c'était mourir.
Mourir de quoi, de qui, il ne sait pas.


Il y a quelque chose de romanesque dans cette attitude, cette peur, ce refus.
Sauf que le monde, lui, ne l'est pas romanesque.
Oh bien sûr, il fit des rencontres, des jolies, qui pouvaient lui laisser à penser que s'il existait des êtres qui fussent comme lui, ou du moins qui vivaient comme lui, alors il n'avait pas tort
- à défaut d'avoir raison - que oui, c'était possible de vivre ainsi, à l'écart de la société, de ses contraintes surtout ; mais non.
Non, car le temps passe, et les autres grandissent.
Le temps passe et ses amis, eux, deviennent petit à petit, les un(e)s après les autres, des adultes responsables, réalistes, et il constate que ce n'est pas si effrayant, que les compromis, les concessions à faire ne sont pas des reniements, des trahisons de soi, il constate même que passant le cap, ses amis en deviennent, pour certain(e)s, plus belles et plus beaux.

Et pourtant, il s'entête.
Il s'entête parce qu'il pense que pour lui c'est trop tard, pour les autres curieusement non, il leur souhaite même une bonne vie, du bonheur, mais pour lui, il juge que c'est trop tard.
Il dit qu'il y a un poison qui coule dans son sang.
Que c'est la raison du trop tard.
Alors que non, ce n'est pas ça, la raison.
C'est juste un prétexte.
Un de plus.


En réalité, oui, c'est cela, c'est un mec qui veut tout garder, même s'il souffre d'un défaut de mémoire, je veux dire qu'elle est sélective, sa mémoire, elle est bancale, capricieuse - mais n'est-elle pas à son image ?
Oui, il voudrait bien franchir le cap, mais en gardant tout, jusqu'à ses rêves, ses illusions dorées, ses blessures, ses amours déchues, or, à vouloir tout garder, ne rien lâcher, il finit par comprendre qu'il se perd.
Ou plutôt, il le voit.
Il le voit plus qu'il ne le comprend.
Mais tout de même il prend conscience, qu'il va tout perdre.
Qu'il est sur "un chemin qui n'en est pas un".


En fait, il aime l'insouciance, c'est vrai, encore faudrait-il l'assumer, ce qui fut peut-être le cas, oui, pendant quelques années ce fut possible, mais plus aujourd'hui.
Encore que, soyons honnête, ça ne date pas d'aujourd'hui, il semble que ça remonte à vingt ans de cela.
Quand le mec rencontra cette femme qu'il épousa, cette mère démontée, malade, privée de son fils.
Cette femme qu'il accompagna tous les jours, et pas tous les jours très bien, vu (et entendu) qu'il était aveugle et sourd, qu'il accompagna jusqu'à son lit de mort.
Cette femme qui tenta de lui transmettre ce qu'on ne lui avait pas transmis, de lui faire comprendre que si, il avait droit au bonheur, qu'être responsable, adulte, homme, ça n'était pas triste, ça ne signifiait pas forcément tourner le dos à ses rêves, ça ne signifiait pas forcément devenir autre, mais simplement s'assumer, s'accomplir, s'épanouir.
Que si elle l'aimait, c'est aussi parce qu'elle voyait l'homme qu'il pouvait être.


Mais sans elle, se dit-il, ça n'a plus de sens de devenir cet homme-là.
Et puis, surtout, sans elle, je ne pourrai pas.
Il se disait cela parce que ça l'arrangeait, ah oui, ça l'arrangeait bien.
N'est-ce pas confortable, aussi absurde que cela paraisse, d'être dans la peau du maudit et aux autres de se présenter ainsi ?


En réalité, c'est l'histoire d'un mec un peu trop fier, un mec à la fierté mal placée, qui le temps passant, les autres grandissant, finit par se noyer dans l'innommable, se vautrer dans ce que l'on nomme la complaisance.
Il s'en rendit compte assez vite cependant, par le biais d'autres rencontres, encore et toujours jolies, souvent magiques, c'est par elles, qu'il prit conscience qu'il se complaisait, de ses blessures, de ses cicatrices et de ses souffrances, et prenant conscience, il en vint à se dénigrer.
Comme si l'homme qu'il aurait dû devenir venait le hanter chaque jour et lui demander des comptes :
"Pourquoi ne veux-tu pas, n'as-tu pas voulu que j'existe ?"


C'est l'histoire d'un mec qui n'en peut plus de vivre ainsi, pour lui, sans contraintes véritables, un mec qui veut bien, aujourd'hui, devenir l'homme qui lui tendait les bras et tout le reste.
Ca n'est pas parce qu'il l'aime, c'est juste parce qu'il l'a rencontrée, elle et son enfant, et que cette rencontre lui a donné, ou rendu, la vue et l'ouïe.

Voilà pourquoi je ne dis plus "je" quand je parle de ce mec-là.


podcast

20:30 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Moi, Je, Autre, Peur, Refus, Camus, The Who |

 
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