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19/12/2008

J’t’Avais Bien Dit Qu’Il Fallait Que J’y Aille !

 V'là Que J'File Le Traczir A La Bourgeoise !

Avec la fatigue que j’me trimbale, ils me semblent peser des tonnes ces deux sacs remplis de victuailles.

Ils ne sont pas pour moi ; moi, j’pimpigne, j’picore et je lape.
Non, ils sont pour toi, trésor, toi qui de Paris, en fin d’après-midi, atterris.
Dans ces hottes sponsorisées mais recyclables, des noix de cajou, des sapajous, du saindoux, des pou-pou-pidous, que des tas d’trucs en “ou” ; d’la nourriture qui se grignote, d’la bouffe à niquer nos quenottes.

J’me fraye un passage dans la foule, armée de badauds léchant vitrines et croissants beurre, j’me tortille, me démène, parfois, sans mots piper, j’peste, tant j’voudrais y être ! Encore quelques mètres et bientôt, du corps je la ferai grincer cette salope, une grille, lourde, orangée, puis j’envisagerai le porche, cage d’entrée, code d’accès, buzzer, et hop, deux étages et un demi, en quinconce, et c’est l’arrivée au nid, le cloître, le moutier, une toulousaine briquée et de guingois aux poutres apparentes, mezzanine donnant sur les tuiles et quelques chats égarés, une toulousaine branlée comme une péniche et meublée de livres, de films, de musiques, d’écrans plats et d’un matelas.

J’peine, j’en peux plus, j’sue, mais ça y est, enfin, j’suis presque rendu, et c’est alors que je l’aperçois.
 
C’est une dame d’un âge certain et de petite taille, fagotée dans du pied-de-poule, une bourgeoise d’occasion protégeant son cou dans de l’Hermes.
Elle est là, dans l’entrée, tapant le pied de grue, m’empêchant de coder, tant l’endroit est étroit.
Elle fait un pas de côté, mais du gauche, l’empotée.
J’la frôle sans l’faire exprès, j’voulais pas l’effrayer, juste buzzer, et v’là la pie-grièche qui s’agite ; on dirait une souris décatie qu’aurait vu le mistigri d’un poil trop près ! 
Putain c’est pas vrai, mais c’est qu’elle va s’mettre à gueuler la grognasse !
Mais non, tellement elle panique qu’elle sort pas un son !
Elle se plaque toute entière contre le mur de boites aux lettres, et, devant son visage, elle t’y fout ses bras en croix, genre de dire, j’vous en supplie, non, m’sieur, faites pas ça, m’sieur, non !
J’la toise bizarre, limite goguenard, alors d’un coup net, elle se calme, la bourgeoise, puis déconfite pendant que j’compose le sésame, me dit :
”Excusez-moi, je .. ”
J’aurais pu lui balancer une politesse urbaine, une bien molle de tous les jours, mais non, les épaules sciées par les sacs de bouffetance, j’ai grogné :
”Ca va pas la tête, non ?”
Et j’ai claqué la porte.

Grimpant l’escalier, me disais qu’il était foutrement étonnant que dans un pays épouvantablement sarkozyste où l’on t’efface sans barguigner du sans-papiers au lance-Hortefeux, où l’on te vide l'hôpital et l'école comme une truite, où l'on t'assèche le salarié de ses droits jusqu’à ses dimanches et sa retraite, le citoyen friqué se sente aussi peu en sécurité, s’affolant en pleine journée et de tout son long à la vue d’un simple quidam éreinté.

Plus tard, quand dans le miroir, je vis le cerné des mirettes mais surtout, l’échevelé rustre que j’étais devenu, me suis dit que non, ça n’était pas ça, allons, dormez tranquilles citoyens, quand bien même depuis dix-huit longs mois tu te ferais sévèrement enculer, me disais qu’en fait, j’aurais pas dû t’écouter, que c’est moi qu’avais raison, bordel !

J’t’avais bien dit qu’il fallait que j’y aille !

Où ça ?

Mais chez le coiffeur, enfin !

Parce que, tu vois poulette, le résultat, c’est que rebiqué de la sorte, j’fais peur aux bourgeoises qu’ont voté à deux mains pour le nain !

Tu crois que c’est citoyen ça, mon amour ?


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09/09/2008

Chili Con Carne

3 1/2 4

Ils sont alignés.
Parfaitement.
Ces petits verres désuets, dépareillés.
Je ne les toucherai pas.
Ils resteront là, culs tournés vers le plafond.
J'attendrai que, par le premier vol, tu t'en reviennes pour, avec moi, les retourner et nous itou, quand ensemble, à nos retrouvailles, nous boirons.

Comme de bien entendu je n'aurai toujours pas fait emplette de tabourets, et c'est debout, les yeux cernés dans les tiens, palestiniens, que nous trinquerons sans proférer le moindre son, sourires naissants aux commissures, coeur battant chamade, soulevant poitrine extasiée dans son wonderbra.

Je te demanderai encore une fois si par le plus grand des hasards, ça n'existerait donc pas, un wondercouilles.

Tu me répondras que décidément je suis toujours aussi con, alors je sauterai sur l'occasion te priant, puisque tu l'évoques, de libérer le tien, afin que, sur l'oreiller que délicatement tu m'as laissé, j'explore le divin secret d'une soixante-deuxarde de janvier qui, je l'avoue, me fait vriller.


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18:59 Écrit par Josey Wales dans L'Epris | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : benedicte desforges, wonderbra, oreiller, con, secret, divin |

27/08/2008

Tel Épris Qui Croyait Prendre

Je Pince, Donc Je Te Suis !

Je bringuebale, j'tangue, j'vais de guingois, c'est clair, j'suis plus d'équerre.
Les rues, les artères, j'te les prends, sévères, perpendiculaires.

Non mais t'entends ça ?
Écoute donc :
J'ai le palpitant qui ballotte, les valseuses qui cahotent et regarde mes paluches, les pauvrettes comme elles tremblotent !
Du traczire, c'est le son.
Et ça m'fout les j'tons.
Moi qu'avais juré, craché que non, ah ça non, de l'amour je n'serais plus le nom.
Ben v'là que ça me reprend.
Sur la comète, à nouveau j'fais des plans.
Je rêve de tire-fesses et de funiculaire.
De ma carré, m'extirper, les anges tutoyer, la vie contempler.

Moi qu'avais baissé le rideau, j'y grimpe à nouveau.

Moi qui m'croyais brisé, disloqué, qui m'voyais étanche, me revoilà fulgurant et fringant, tel un Adam prêt à déplacer des montagnes pour que son Eve reste.
Faut croire qu'à trop s'voir couler à pic, elles vous rattrapent puis vous happent, les cimes.

J'étais sonné, me voici sommé.
De me rendre.

Tel épris qui croyait prendre.



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21:52 Écrit par Josey Wales dans L'Epris | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : benedicte desforges, épris, renaissance, pic, amour, éternité, heaven |

 
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