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05/10/2008

"Tu Bouges Un Cil Et T'Es Mort Connard !" [1/2]

Un Canon [Sur Ma Tempe]

- T'as entendu ?
- Quoi ?
- Le titre du billet ?
- Oui. J'l'ai entendu. Mais ..
- Mais quoi ?
- Mais je .. J'pourrais vous .. Vous poser une question ?
- Pour quoi faire ?
- Pour savoir.
- Savoir quoi ?
- Pour savoir pourquoi moi !
- Pourquoi toi quoi ?
- Ben pourquoi vous me braquez moi !
- Et pourquoi pas toi ?
- Ben parce que j'ai .. J'ai rien fait moi !
- T'es sûr ?
- Ben j'suis sûr .. On n'est jamais sûr de rien, m'sieur .. Enfin ! .. J'veux dire .. A vous, par exemple ...
- A moi, quoi ?
- Ben j'vous ai rien fait, à vous ! ... Non ?
- Et alors ?
- Ben alors, si j'vous ai rien fait, pourquoi vous m'braquez ?
- Parce que t'étais sur mon chemin. Voilà pourquoi.
- Mais, c'est pas juste .. Enfin, non ! ... Non, c'est pas c'que j'voulais dire ..
- Et qu'est-ce que tu voulais dire, alors ?
- Que .. Que ça n'a pas de sens !
- Ça n'a pas de sens ? ... C'est-à-dire ?
- Ben c'est-à-dire que .. Que vous vous trompez ! .. Voilà ! Vous vous trompez, et notamment de personne ! Ou de cible ! .. Parce que, j'ai .. J'ai rien moi. Pas de fortune personnelle.
- Et alors ?
- Comment ça, et alors ? .. Enfin merde ! V
ous m'braquez pas comme ça, pour le plaisir ! Vous .. Vous cherchez bien quelque chose !
- Non.
- Comment ça : non ?
- Non, je ne cherche pas quelque chose.
- Mais alors pourquoi vous m'braquez ?
- J'te l'ai dit : parce que tu te trouvais sur mon chemin. Que j'avais envie de braquer quelqu'un. Vraiment. Mais sans chercher quelque chose de particulier. Ou en particulier. Et pis d'abord, je n'cherche pas, moi.
- Vous n'cherchez pas ?
- Non. Chercher, c'est une perte de temps. Quand on cherche, on y passe la vie. Et pour quel résultat ? Hein ? ... Tu peux m'le dire !
- Ben je .. Je sais pas ..
- Ah, tu vois, tu n'sais pas. Eh bien je vais t'affranchir : pour rien ! RIEN ! ... Ou sinon, pour ne jamais trouver ce que l'on cherchait. Ou alors des peccadilles. Des poussières. De la frustration par quintal. Chercher, c'est bon pour les bobos comme toi ! Ah ... Je cherche ! Regardez ! Je cherche ! .... Mais jamais, tu ne trouves. Jamais !
- Même pas vrai !
- Ah ouais ! ... Et tu peux m'dire ce que, jusqu'ici, tu as trouvé, en cherchant ?
- Eh bien, euh ..
- Oui ..
- Euh .. L'Amour !
- Tu l'as vraiment cherché ?
- Oui.
- Et l'Amour que tu as trouvé était tel que tu l'imaginais ?
- ...
- Excuse-moi, je n'ai pas entendu ta réponse !
- N ... Non. Il n'était pas tel que je l'imaginais. Mais .. Mais je n'désespère pas de ..
- Arrête ! Arrête ton cirque, putain ! J'te rappelle que tu es sous la menace d'un flingue. Et c'est pas un pétard de fillette. C'est du brutal. Du Magnum de catégorie une. Et j'hésiterai pas, tu m'entends, à te la cramer, ta cervelle de merde !
- Alors c'est ça, hein ? ... C'est ça qu'vous cherchez ? ... A m'exploser le crâne ! Comme ça ! Pour rien ! Parce que je m'trouvais sur votre chemin ! Parce que ça vous excite, hein ? ... Hein, qu'ça vous excite !

L'homme s'énerve, me libère, puis me prend à la gorge, me retourne comme une crêpe, et, me collant contre le mur me dit :

- Regarde-moi bien dans les yeux, espèce de connard ! REGARDE ! .. Je ne cherche rien ! Tu entends ! RIEN ! .. Je te l'ai dit, chercher c'est bon pour celles et ceux qu'ont du temps à perdre, ou pensent en avoir, les ignorants ; bon pour celles et ceux qui s'donnent bonne conscience, jouent un rôle, ou souhaitent en jouer un, dans la société, se fondent en elle et ne sont jamais eux-mêmes, malades qu'ils sont ! ... Des qui, sans vergogne, se servent des autres sans se l'avouer, puis après les avoir consommés, vidés comme des truites, les jettent ! LES JETTENT ! tu connais non ? Hein, qu'tu connais ce genre de personnes qui n'a rien fait à quiconque, jamais, puis s'en convainc en allant consulter un psy ou un rebouteux, tellement, au fond, elles, ces personnes, se sentent misérables, coupables, tellement elles veulent entendre que non, oh non elles ne sont pas si misérables, pas si coupables, ni de silence, ni de mépris, ni d'indifférences, ou pire, de trahisons, que c'est la faute à maman, pas la leur, que leur bonheur est mérité, même si il est chèrement payé, qu'elles ont bien fait, de tromper, tromper leur ennui, car c'était juste de l'ennui, n'est-ce pas ? C'est tellement pratique et facile, l'ennui ! Quel bel alibi ! ... Et l'autre, l'autre que l'on chérissait, à c'qui paraît, mais qu'on oublie, comme ça, l'autre qui n'était juste qu'une aimable distraction, finalement ! Une parenthèse ! On le laisse à l'agonie ! ... Mais moi, tu vois, moi je n'veux pas d'ça, de cette médiocrité et, à la fois, de cette suffisance, je dis bien suffisance, tant elle pue les certitudes et le certificat d'étude ! ... Moi, je n'suis pas de ce moule-là ! ... Moi j'ne cherche pas ! ... Moi, je trouve ! Direct ! ... Tu m'entends ? JE TROUVE !
- Vous trouvez ? Mais vous trouvez quoi ?

[A SUIVRE]


podcast


00:08 Écrit par Josey Wales dans Essai, Shock Corridor | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mépris, indifférence, suffisance, jugement dernier, vengeance, adultère, bonheur |

21/09/2008

"... La Mort N'A Pas De Visage ..."

Mon Autre

Je me souviens de ce que tu disais, Ruppert :

"
Ne sois pas chagrin mon frère.
Il me faut m'en aller.
Laurie m'attend, là-bas, derrière ces montagnes,
Et je ne saurais la décevoir.
"

Au dehors, t'attendait un fiacre d'églantines
Serti d'or et de diamants,
Tiré par quatre créatures aux jarrets de fer,
Une merveille à n'en pas douter,
Le bonheur ruisselant à tes pieds.

O mon frère, mon double, mon jumeau,
Jamais tu le sais, je n'aurais pu me résoudre
A vivre sans toi !
Mais mes belles paroles et le vin de Jaffa,
Les souvenirs mouillés de nos courses folles l'été venu,
La couronne de bois morts de notre coffre à jouets,
De plaisir, ne faisaient plus trembler ton corps.

Alors, du plus profond de mon âme,
J'implorai le retour et la bénédiction,
De l'Homme au Complet Marron.

Mais, ne voyant rien venir,
J'ai, du plus sourd de mon être,
Demandé le secours du Monstre aux Larmes de Verre.

Je me souviens de l'insoutenable force,
De la couleur des arbres, décharnée,
Du chant saccadé des oiseaux de Gourragne.

Je me souviens t'avoir crié, les mots
Du Magicien des Ombres,
Et de tes yeux enfouis aux creux de mes joues.

Alors, de ma main toute déployée,
Je t'ai, d'un seul coup et sans faiblir,
Arraché le visage pour le mettre à ma poche.

Un tourbillon de feuilles et de grisailles
S'est joué du fiacre et des quatre licornes,
Prenant au passage nos vignes et nos châteaux,
Le bleu du ciel et mon regard d'enfant.

Et voilà qu'aujourd'hui,
Au rideau de ma vie,
Tu reviens le coeur en épines
Afin de m'arracher ce visage qu'un jour je te volai.

Si l'heure est venue de payer mon forfait,
Sauras-tu m'écouter une dernière fois ?

Sauras-tu me croire si je te dis que de ma Vie,
Je n'ai fait qu'un long chemin désolé,
Un lit de promesses bafouées ?

O mon frère, mon double, mon jumeau,
Ne sauras-tu jamais me pardonner
De t'avoir, au fond, épargné,
La souffrance des prisons inutiles
Le poids des amours évaporées ?

Ne vois-tu pas que mon corps vidé de sens
N'aspire qu'à mourir dans la décence ?

Donnons-nous, si tu le veux bien,
Mon frère,
Le Temps du Silence.


podcast


[Paris, Mai 1991 - Rectifié à Toulouse, Le 21 Septembre 2008]

21:28 Écrit par Josey Wales dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mort, visage, vie, bonheur, envie, licorne, silence |

01/09/2008

J'Aimerais

J'aimerais pouvoir écrire un ciel bleu, dégagé, un ciel déserté de nuages, avec flottant, tu sais quoi ?
Un ange à la noix, asexué mais bandant.
Bandant son arc et me disant :
"Alors p'tit con, te revoilà bêlant comme un mouton !"
Mais non.
Je ne sais pas.
Écrire un ciel bleu, dégagé, de nuages déserté.



The Big Sky 


Quand j'étais gosse, je veux dire quand j'avais vingt-trois ans et demi, je m'étais convaincu que l'on pouvait mesurer le nombre de jours où nous avions été heureux.
Il suffisait de se plonger dans ton journal intime.

L'hypothèse était la suivante :

Si le bonheur te paralyse le poignet à ce point que te voilà infoutu d'écrire la moindre ligne, ou est tel que tu n'éprouves nullement le besoin de t'y confier, alors il te suffit de compter le nombre de jours où tu n'as point couché de mots dans ton journal intime et le total obtenu sera celui de tes jours heureux.

L'hypothèse était séduisante - "le bonheur ne s'écrit pas, il se vit !" - mais c'était faire fi de l'irrationnel et de l'imprévisible, fi de la complexité de la nature humaine qui, par exemple, ne sait jouir pleinement du bonheur quand il est là, grand, beau, éclatant, ce bonheur qu'elle a tant espéré, et le pleurerait ensuite sur des pages entières, inconsolable et souhaitant le rester pour n'avoir su ni le vivre ni le garder.
Fi de la complexité de la nature humaine qui peut aussi, jeter l'encre, noyée qu'elle se croie par la souffrance, comme elle peut tout aussi bien étaler son bonheur avec des mots de tous les jours, des coeurs dessinés, la photo d'un nouveau-né, tout un monde simplifié, un monde où le ciel est bleu, dégagé, de nuages déserté.
Sauf que, concernant ce dernier cas, je n'y crois pas.
Pour que je le crusse, il aurait fallu que dans ton ciel écoeurant, t'apostrophât, flottant et bandant, un ange à la noix.

- C'est ce que je me tue à faire depuis des années, pourtant, je le vois bien, jouir de ton bonheur, tu ne sais toujours pas.
- C'est parce que je ... C'est parce que je ne sais pas l'écrire. Si je savais l'écrire, ce serait parfait !
- Non. Si tu savais l'écrire, tu t'en lasserais.
- Alors tu voudrais que je renonce ?
- A l'enlacer, non ! A l'écrire, oui.

Elle se tait.
Regarde le ciel, longtemps.
Puis, me dit :

- Tu sais dessiner ?
- Non !
- Alors apprends !
- Pourquoi ?
- Parce que, mon pauvre amour, le bonheur ne s'écrit pas, il se dessine. Jour après jour. Parce qu'il est, le bonheur, votre plus grand, votre plus beau, votre plus éclatant dessein. 

J'aimerais pouvoir dessiner un ciel bleu, dégagé, un ciel déserté de nuages, avec flottant, devine quoi ?
Un ange à la noix, asexué mais bandant.
Bandant son arc et me disant :
"Alors p'tit con, tu me le dessines ce mouton ?"
Oh oui !
Un jour, je saurai.
Dessiner un ciel bleu, dégagé, de nuages déserté.

La photo d'un nouveau-né.



podcast


18:22 Écrit par Josey Wales dans Confession, Introspection | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ecrire, dessiner, ciel, bleu, ange, bonheur, nouveau-né |

 
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