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23/10/2008

Les Derniers Jours De Françoise Rivière [5/8]

"Teddy,

J'ai sommeil et pourtant je n'arrive pas à m'endormir. Il est tard et je pense à toi, si loin de moi. Si bien sans moi (...) Tu viens d'avoir cinq ans et je t'en voudrais quinze de plus pour te parler. Te dire que c'est parce que je t'aime que tu ne peux pas vivre, en ce moment, près de moi. Tu es trop petit pour subir mes incertitudes, mes coups de tête et mes caprices. Il te faut ce que ton père et M... te donnent : un certain équilibre dans un quotidien. Le mien est trop aléatoire, incertain (...) Alors aime-moi, j'ai trop besoin d'amour et de tendresse. Tu es le seul vrai homme de ma vie, les autres sont trop complexes, trop exclusifs, égoïstes."
[Françoise Rivière, Lettre A Mon Fils - Noël 1985 - Extraits de son Carnet Intime]



Françoise Rivière Dite Marie-Pingouin


Mercredi 23 Octobre 1991.

Je ne vais pas à Belleville, ce matin. Je sèche les cours, le stage. Françoise est trop mal. Un point au coeur, me dit-elle, pliée de douleur. Puis elle ajoute :
"Je crois que je m'en vais, là, Josey. Je sens que je pars .."
C'est la panique.
Ne rien montrer pourtant, même si en dedans, je glisse, effrayé.
Quand bien même le verrait-elle, ce regard qui me trahit.

Je la soutiens du mieux que je peux, et puis, ça passe. Enfin.

Plus tard, le téléphone sonne.
C'est Teddy.
Son fils.
Un p'tit bonhomme que je rencontrai Noël dernier, avec qui je jouai à des jeux électroniques, qu'elle emmenait au cinéma, heureuse, fière.
Par la taille un géant qui, le 11 décembre prochain, fêtera, déjà, ses onze ans ...

"Se remémorer ses amours perdues ou trop éloignées, son enfant qu'on n'élève pas. Quelqu'un d'autre vous remplace auprès de lui (...) Comment lui expliquer ? Comment lui dire que la vie est difficile pour une mère dépossédée de son amour maternel ? Une mère-enfant qui doit d'abord prouver sa maturité (...) Une femme qui regrette de l'avoir eu trop jeune sans vraiment le désirer dans un couple qui se déchirait sans cesse. Grossesse sur stérilet (...) Mais lui, dans tout ça ?"
[Françoise Rivière - 11 décembre 1984 - Extraits de son Carnet Intime]


Tout est là : dans cette dépossession.
Ensuite, ce fut la descente aux enfers.
Incessante.
Longue d'années.
Damnée des veines.

Mais le sang, malgré tout, le sang est le même.
Et tu vois, il est là, maintenant.
Il t'appelle.

Et je resterais bien ici, près de toi, de lui, de vous, mais tu ne veux pas. Me dis que c'est important, ce stage, qu'il faut que j'y aille, que je pense à moi, à demain ; l'après. 
S'il te plait ..

Ce fils qui t'appelle, prend de tes nouvelles, ce sera ta dernière joie.
Ton ultime sourire.

Il est temps, maintenant.

De partir.


"Teddy m'a envoyée un cendrier et une photo pour la fête des mères. J'en ai été très émue. Ses résultats scolaires sont excellents, et il est capitaine de son équipe de foot. Je peux être fière de lui, comme me l'a suggéré Papa, hier soir, au moins il semble équilibré. Je ne sais pas encore, avec la chimio qui doit commencer bientôt, si je serai en forme pour l'accueillir une semaine en août. Il est si lointain et j'ai bien peur de ne pas le connaître : c'est mon fils .."
[Françoise Rivière - Mardi 28 Mai 1991 - Extraits de son Carnet Intime]



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20:09 Écrit par Josey Wales dans HIV, Mon Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sida, mère, enfant, dépossession, héroïne, sang, partir |

12/08/2008

Marjolaine

- J'ai bien réfléchi pendant ton absence et je crois avoir compris.
- Dis-moi. Dis ce que tu as compris.
- ELLE espère, elle escompte qu'à la longue tu vas la détester. Qu'avec le temps, tu vas la haïr. Du moins, fait-ELLE tout pour que ça arrive. Et alors, enfin, ce sera fini.
- Oui. Sauf que ça n'arrivera jamais.
- Que ça finisse ?
- Non. Que je la haïsse.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ?
- Tu as des yeux ?
- Oui ... Bien sûr !
- Alors regarde !
- Oh pardon ... Je n'avais pas vu.


Vendée - Juillet 1973


Elle s'appelait Marjolaine.
J'avais dix ans.
Et demi.
Elle en avait treize.
C'était en Vendée.
Elle nous apportait le lait.
Chaud.

Faute de dés et d'un circuit prédéfini, c'est à l'aide d'un petit caillou que je les avançais un par un, dans le jardin d'une location de vacances, les cyclistes de plomb et de plastique.
Répliques miniatures, dépareillés, des héros du Tour de France.
Un petit caillou propulsé par un jeu de pouce et d'index.

"Mais tu triches !" s'était-elle exclamé, Marjolaine.

Je lui disais que non, que ça dépendait du caillou, pas de moi !
Arrête me répondait-elle ! Tiens par exemple pour celui-ci, de cycliste, tu l'as retenu le caillou, je l'ai vu ! C'est pas parce que j'suis une fille qu'il faut me prendre pour une bille ! Ah le tricheur-euh ! Ah le menteur-euh !
Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien te faire à la fin ? Non mais oh ! Je fais c'que je veux avec MES cyclistes, d'abord !

Alors elle se trémoussait comme si elle fut prise d'une subite et sérieuse envie de pisser.
Elle se dandinait tout en baissant les yeux.
Mais j'avais bien remarqué.
Qu'ils étaient verts.

Le vent soulevait ses nattes de gauloises dévoilant ainsi, dévoilant enfin, ses tâches de rousseur parsemant son visage.
De chipie.

"On joue à quelque chose ?" me demandait-elle.
"D'accord .." je répondais.

Elle prenait ses jambes à son cou et, goguenarde, me criait :
"Essaye de m'attraper, si tu peux !"

Mais je ne voulais pas.
L'attraper.
Me disais que c'était pas du jeu, que c'était trop facile, alors je faisais traîner, lambiner, la regardant rire de mon impuissance, jusqu'à ce que, fatalement, elle se ramasse, de tout son long s'étale entre herbes sauvages et petits cailloux, et qu'affolé je me précipite, maladroitement et balbutiant la relève, ses yeux verts plantés dans les miens.
Ce qui ne lui plaisait pas.

A ma mère.

- Tu la détestes ?
- Qui ça ?
- Ben ta mère !
- Je ne sais pas. Je voudrais bien. Mais je n'y arrive pas.
- Peut-être parce qu'elle n'a rien fait pour.
- Non. Parce que c'est ma mère.

Je ne jouai plus aux cyclistes la dernière semaine de nos vacances familiales.

Je mangeais à peine.
Je n'avais plus goût à rien.
Il me tardait de rentrer, d'en finir avec cette Vendée.

Parfois, tout en bas de la vallée, je la voyais, du haut de mes dix ans et demi, Marjolaine.
Trémoussante, dandinante, gambadante.
Et il se serrait à m'en faire mal.
Mon coeur.

Ce n'est plus elle qui nous apportait le lait.
Mais son grand dadet de frère.
Ma mère avait fait le nécessaire.

Comme elle le fera plus tard.
Encore et toujours.

Jusqu'à ce que je parte, et jamais ne revienne.

- Menteur-euh !
- Quoi menteur-euh ?
- Tu es revenu. Tu le sais bien.
- Oui. Et je le payai encore, au prix fort.
- Ce n'était pas un amour de vacances, cette fois ?
- Non. Mais peu importe.

Elle se tait.
Regarde le ciel.
Longtemps.

Plus tard, elle me dit :

- Ça nous mène où tout ça ?
- Quoi ?
- Ta mère, les petits cailloux, ELLE, Marjolaine ..
- Je ne sais pas. Au pardon, peut-être.
- Je ne comprends pas.
- Oh si ! Tu comprends très bien ! Quand on est capable de pardon, on ne peut haïr, on ne peut détester, quoi que l'autre fasse. Ou ne fasse pas.

Alors il ne restera plus que le vent.
Pas celui, malicieux, qui soulevant les nattes de Marjolaine dévoilait ses adorables, ses tâches de rousseur.
Non.
Pas ce vent-là.
Mais celui qui un jour vous fit écrire que vous ne pouviez supporter d'aller plus loin sur ce chemin qui n'en était pas un, me demandant de vous en pardonner..
Le vent des doutes qui finit par vous emporter.
Et m'emportera demain.

Quand tout ira bien.


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23:32 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : vendée, vacances, marjolaine, mère, castratrice, amour, éternité |

06/04/2008

Ma Mère, Ma Bataille

All About My Mother

Non jamais je ne vous le dirai, ma mère, ô combien vous me l'avez pourrie, la vie.
Parce que voyez-vous, ce ne serait pas juste.
Et puis, n'est-ce pas moi, qui, au final, ai choisi ?
Ne suis-je pas le premier responsable de ma vie ?

Non, décidément, je ne vous dirai pas, jamais, je ne vous dirai rien, je vous laisserai tranquille, et tant pis si nous ne nous serons jamais connus.
Car que sais-je de vous et que savez-vous de moi ?
Vous qui, pourtant, m'avez lavé jusqu'à l'âge de sept ans ...

Rien, vous ne savez rien de moi, des chemins que j'ai empruntés, des rivières où je me repus, des femmes que j'épousais, de cet enfant que je n'ai pas fait.
Rien, vous ne savez rien de moi, ce que j'aime, ce que je ne supporte plus, vous ne le savez pas, jusqu'à la couleur de mon sang, vous ne savez rien.

Je me souviens de cette après-midi où je vous conduisais au chenil.
Vous vous y rendiez pour acheter un chien, encore un chien, et moi, au volant, j'avais la gorge nouée.
J'avais mais tant de choses à vous dire, il me semblait que c'était possible, que oui, cette après-midi là, je pouvais vous les dire, des choses importantes, mais si douloureuses, oui, il me semblait que l'occasion nous était offerte, enfin, mais rien, rien ne sortait, et c'est dans un silence pesant, mortel, que nous fîmes le trajet menant à votre nouveau compagnon.

Comment se fait-il, me disais-je, que je n'y arrive pas, à vous parler ?

Comment se fait-il que je ne puisse vous dire que j'aurais tant aimé que vous ne me traitiez pas comme vous le fîtes, pour quelle(s) raison(s) vous ne me faisiez jamais confiance, qu'avais-je donc fait de si grave, de si définitif, pour que dès mon plus mon plus jeune âge vous me considériez comme ...

... Comme quoi, au juste ?

C'est ce quoi que j'aurais voulu que vous me décriviez, et le pourquoi de ce quoi.
Etait-ce en rapport avec mon père ?
Le votre, peut-être ?
Ou avec le fait que je sois de sexe masculin ?

Puis-je vous avouer que c'est à cause de vous, oui, à cause de vous, que je me suis "désestiné".

Comment vous dire ?


Peut-être des souvenirs, mais j'en ai si peu, nous aideraient à comprendre pourquoi vous ne souhaitiez pas que je fus un enfant, mais un homme avant même que je comprenne ce que ça veut dire, signifie d'être un homme.
Ou pourquoi, au contraire, vous désiriez que je reste un enfant ?

Je me souviens, vous ne vouliez pas que je me rende au domicile de ce copain de classe, ni d'un autre, ni d'aucun de mes copains ; je crois, c'était en sixième, j'avais onze ans, vous ne vouliez pas parce que, me disiez-vous, j'allais mal me tenir, casser quelque chose, vous ... faire honte, c'est ça ?
Vous ne l'avez jamais dit, jamais prononcé ce mot de "honte" mais je l'entendais, et je ne comprenais pas pourquoi, pourquoi vous pouviez le penser, puisque, me rabâchiez-vous, à longueur de journées, vous m'aviez enseigné la politesse, les bonjour madame, les bonjour monsieur, et merci pour tout.

Pourquoi alors craigniez-vous que je me comporte mal, que je vous fasse honte ?

Que voyiez-vous en moi, vous, ma mère, de si terrible, qui vous convainque que cet enfant, le votre, allait, en votre absence, faire le contraire de ce que vous vous évertuiez à m'apprendre ?

Et d'ailleurs, que m'avez-vous appris ?

Que je n'ai jamais manqué de rien, que tous les jours il y avait dans mon assiette, la votre, de quoi me nourrir.
Qu'il y avait, l'été venu, ce temps que nous appelions alors les grandes vacances, la mer, la montagne, et pour quatre longues semaines.
Que, quand la Noël arrivait, au pied du sapin, je trouvais le 25 au matin, des cadeaux, même si, ça n'était pas toujours ceux que je désirais, c'est vous qui la plupart du temps, les choisissiez.
Et la guitare dont je rêvais, je me la payai plus tard, quand enfin, je vous quittais.

Non, c'est vrai, je n'ai manqué de rien.
Sinon de tout le reste.

Par exemple que vous me demandiez une fois, juste une seule fois, ce dont j'avais envie, moi, à quoi je rêvais.

Par exemple quelles études j'aurais voulu faire, quel métier, et pourquoi ?

Par exemple, que vous me confiâtes combien il vous était si insupportable de ne pas savoir comment faire pour me transmettre le plus important, le plus essentiel, le sens de la vie, comment la vivre, comment aimer, pourquoi vous ne saviez pas transmettre cela, et me dire simplement que tout ce que vous souhaitiez pour moi, ce fut d'être heureux.

Jamais, de votre vie jamais, vous ne m'avez parlé de bonheur, ni d'amour.

Jamais vous ne m'avez regardé comme ces mères que plus tard je rencontrai, qui serrant fort leur enfant, leur disaient combien elles les aimaient, et que vraiment l'important mon enfant, pour moi, c'est que tu sois heureux.

En les voyant, je me rappelais que la première fois que nous nous embrassâmes, j'avais passé depuis lontemps, mes dix-huit ans ..

Non, jamais de votre vie, vous ne me l'avez dit : non, il fallait juste que je travaille, travailler voilà, la vie, pour vous, n'était que cela, travailler ...
Seulement voilà, je découvrai assez vite que non, ça n'était pas QUE cela, la vie, c'était aussi ces "choses" que je connaissais pas, c'était bonheur, c'était aimer, c'était respect, mais comment faire, comment surnager, quand on ne vous l'a pas appris, que les clés, on ne vous les a pas données.

Alors oui, je n'ai manqué de rien, c'est vrai, simplement de tout le reste.

Je me souviens, de ce jour-là, où nous étions tous les deux dans la cuisine.
J'avais quatorze ans.
Vous me défiiez.
Me disant que c'était bien facile, oui, d'être un bon élève dans ce lycée public.
Que vous en connaissiez un autre, un privé, où là, fallait turbiner, travailler du matin au soir pour être le premier.
Vous ne supportiez pas que je ne sois que le quatrième de la classe.
Vous pensiez qu'en me donnant plus de mal, je pourrais être le premier.
Seulement, ce que vous ne compreniez pas, c'est que moi, je ne voulais pas.
Le premier, il n'a pas de copains.
Et moi, j'en voulais, des copains.
Plein.
Alors je me démerdais pour faire juste ce qu'il fallait, mes devoirs, mes leçons, je m'appliquais, je pensais que ça vous suffirait, mais non.

Vous me défiiez ce jour-là, je le sentais, vous me provoquiez me disant que j'étais, que je me la jouais trop facile, que dans l'autre école, mais non, tu ne pourras jamais y accéder, penses-tu, c'est un concours, ils sont 8000 à le tenter chaque année, et ils n'en prennent que 80, les meilleurs, tu n'y arriveras pas toi, pour y arriver, il faudrait travailler, et toi, tu te laisses vivre.
Alors j'ai dit oui, d'accord, je vais le faire votre concours, vous me voyez comme un bon à rien, pourquoi, je n'en sais rien, mais s'il faut vous prouver que je n'en suis pas un, alors je le ferai.
Et je terminai dans les 80 premiers.

Comment dire ?


J'aurais tant aimé que vous manifestiez votre joie, quelque chose du moins qui y ressemble, mais non, rien, pas même un sourire, à croire que pour vous, c'était la moindre des choses que je réussisse, et si c'était la moindre des choses, alors je comprends mieux pourquoi vous n'exprimiez point ce que d'autres mères auraient, elles, largement exprimé.

Je me souviens aussi, que bien des années plus tard, passant le cap de la première année de médecine, mon amie m'avait proposé de vous inviter.
Nous pensions fêter l'évènement, et elle trouvait que c'était une belle occasion que je renoue avec vous.
Vous étiez veuve depuis déjà trois ans.
Je vous avais quittée car vivre à vos côtés, sans que vous me laissiez libre, m'était devenu insupportable.

Vous vîntes.

Il faut préciser que les parents de mon amie m'offraient le gîte comme le couvert.
Je le vivais mal, bien sûr, j'aurais voulu me débrouiller par moi-même, mais ils insistaient, et s'il m'arrivait de refuser, il est vrai, qu'ils m'ont sauvé de bien d'errances.

Or donc, vous vîntes.

Je ne sais pas, peut-être avez-vous trouvé que cet univers n'était pas celui que vous espériez pour moi, ou qu'il ne vous allait pas ; quoi qu'il en soit, le lendemain, il me fut dit que vous aviez questionné les parents de mon amie, leur demandant notamment s'ils s'occupaient bien de moi, s'ils me nourrissaient bien.
Je ne sais pas si c'est ce jour-là que je connus la plus grande honte de ma vie.
Sans doute, me l'aviez-vous faite connaître bien avant.

Vous voyez, comme ce mot nous lie, revient, ce mot "honte" et je ne cesse de me demander pourquoi, ma mère, c'est ce mot-là, et pas un autre, qui nous unit ...

Non, jamais je ne vous dirai, ma mère, ô combien vous me l'avez pourrie, ma vie.
Parce que voyez-vous, je vous "haime".

C'est le verbe qui m'est venu en pensant à vous ; le verbe "haimer".
Beaucoup d'amour, et si peu de haine.
En vérité, le "h" de "haimer", et je le comprends en vous écrivant ce soir, est celui du mot : honte.

Mais au final, et c'est pourquoi je me tairai, l'on est seul responsable de sa vie, et même si je commets une erreur, j'estime que vous n'êtes pas la mère de mon malheur.
Quand bien même j'aurais vraiment attendu, longtemps, tellement longtemps, mais en vain, que vous me dites que vous m'aimez, et que le plus important, dans ta vie, c'est de connaître le bonheur, mon fils, que c'est tout ce que je souhaite pour toi : d'être heureux.

J'ai rencontré le bonheur, ma mère, plusieurs fois, et savez-vous quoi ?
Je trouvais ça merveilleux, mais je ne m'en sentais pas digne.
Alors, toujours, tout le temps, je le laissais partir.
Et j'en crevais de tristesse.

C'est ça que je voulais vous dire :

Pourquoi, que vous a-t-il manqué, pour ne pas m'avoir appris que moi aussi, votre fils, j'y avais droit, au bonheur ?


podcast

23:35 Écrit par Josey Wales dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Georges Bataille, Bonheur, Amour, Respect, Manque, Analyse, Mère |

 
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