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31/07/2008

Porno Stars

Gare Saint-Charles, je crève de chaud.
Je maudis le temps.
Moi qui n'ai pas de montre, jamais -
le temps n'existe plus, depuis si .. longtemps - juste un portable.
Je veux dire un téléphone portable.
Restent les écrans publicitaires.
Qui ponctuent notre temps.
Du moins ce qui est devenu "notre temps".
A notre corps consentant et complaisant.

Le cul posé sur mon mon sac de voyage, délabré, je mate inlassablement les pieds, ceux des voyageurs.

T'ai-je dit -
mais comme c'est banal ! - que j'adore les pieds.
Non ?
Pas pour les raisons érotiques que tu crois.
Un pied peut être moche - si tant est que ça existe, un pied moche, de toutes les façons tu peux le "jolir", ça n'est pas important - c'est ce qu'il trimbale, le pied, maquillé ou pas, qui compte, qui émoustille.
Ça peut être un fromage à trous, m'en fous, j'y trouve ... Je ne sais te dire .. Oui, allez, c'est érotique un pied et ses doigts, mais seul, il ne l'est pas.
Il ne va pas bien loin, quoi.
Il dépend trop d'elle ou de lui.

C'est fascinant.
La dépendance.
Non ?

Quoi qu'il en soit, quel ennui !
Tous ces pieds qui errent.
Engoncés dans des tongs, des cuirs, des Nike ...
J'vais m'endormir.
Ou vomir.
Vomir, je crois ...

Quand soudain ..

Waouh ....

Je n'en crois pas mes yeux ...

Des escarpins !

Mais pas d'occase, des vrais, de filles, ceux dont les cons disent de "salopes".

Des qui ne sont pas réservés à la première.
Faut les porter ceux-là !
Les assumer, comme on dit - mais quel verbe ignoble !

Ce qui me scie, c'est que personne n'y prête attention.
Moi, direct, je lève la tête.
Et je les vois, les filles.
Une paire.
De filles.
Et, elles sont foutrement belles.

Elles m'ont vu.
Pimbêches.
Mais pimbêches, bien.

L'une d'elles me sourit.
Te le décrire, ce sourire, me prendrait plus d'une page.
Trois blogs.
Quatre ..
Enfin, un univers numérique total.

Comme une machine, un mâle de catégorie une, je saisis mon portable-qui-fait-tout-sauf-l'amour et me dis que ce sourire m'autorise à (la) photographier.
Photographier ses pieds, superbes, lovés sublimes dans ses escarpins multicolores.

Seulement voilà, ça défile, ça grouille, ça Nike, ça tongue et tangue, ça pollue et me brouille le paysage.
Je me dis mais pauvre con demande-leur de poser des pieds !
Mais j'ose pas.
Et puis voilà que la voix officielle de la SNCF annonce qu'il faut que je lève mon cul, que "mon" train va entrer en gare au point G ... quai G !

Je me lève, et devant moi elles tordent joliment, désinvoltes, invisibles des chevilles, "mes" naïades.

De chaud, je crève.
De plus en pire.

Mon portable surgit, enfin, me double, érectile, et en lousdé, de dos, la voilà qu'elle est prise la photo.
Nulle.
Pixel zéro.
Mais peu importe.


Attentat D'Escarpins à St-Charles

Je les dépasse.
A regrets.
Et suBITEment je les reconnais.
Et m'étonne agréablement de leur quasi-anonymat.
De leur délicatesse.
De leur discrétion.
Mais c'est période tong, cuir, Nike, ah mon pouvoir d'achat qui s'barre en couilles, on ne fait décidément attention à rien !

Deux porno-stars qui passent inaperçues, y'a qu'à Marseille que tu vois ça.
Y'a qu'à Marseille ...



podcast

00:28 Écrit par Josey Wales dans Marseille-Ma-Belle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pieds, erotisme, fétichisme, escarpins, désinvolture, marseille, saint-charles |

29/07/2008

"... Tu Es Sublime ! On Dirait Un Mannequin ! ..." [*]

[*] Prononcer le "in" de mannequin avec l'accent de Marseille ...

In Her Shoes

Ce ne sont pas des escarpins, ce sont des plateformes.
Carrément.
Elle appelle ça des "Ferrari".
Ça la fait rire.
Ça lui va bien surtout.

Dans son moulé orange, son jean à la boucle provocante, elle déambule dans les rues, celles nocturnes de "Marseille-Ma-Belle".
Moi ?
Moi j'ai l'air d'un nain, iconoclaste grisonnant, décalé total, pieds-nus comme toujours quand je foule l'asphalte phocéen.

Que voilà un couple improbable en quête d'un paquet de cigarettes, d'un verre aussi ; peut-être.
Un verre de rosé.
Bien frais.

Mais déjà tout est fermé, les heures ayant passé sans que nous y prêtâmes attention ..
Tout est clos oui, mais pourtant, en groupe, ils traînent les ruelles, tchatchant et se bidonnant, se défiant pour de faux ou se tapant dans les mains comme des rappeurs, des frères, des cousins.

En d'autres endroits, je ne serais pas des plus rassuré.
Mais ici, à Marseille, La Plaine, aussi tard fut-il, je me sens bien, comme chez moi ; je connais les codes, les frontières et donc je le sais, rien, non rien ne peut nous arriver.

Elle déambule, torride, amusée, consciente, ses plateformes claquant dans la nuit, la chaleur, et ça ne fait pas un pli, à sa vue, le groupe s'émoustille, s'ébranle, animal ; c'est l'émeute tranquille.

Ça vanne, ça commente, ça espère et ça tente.
C'est drôle, surtout.

Quelqu'un, je ne sais qui, lance :

"Tu es sublime ! On dirait un mannequin !"

Avec l'accent marseillais, c'est irrésistible !

Un autre, le plus grand, dégingandé, veut l'embrasser.
Et moi avec.
Alors, il nous embrasse !

Comme il est fascinant, ce monde-là, mi-cour des miracles, mi-rois de la nuit.
Comme il me sied !
Oui, comme il me plait de le redécouvrir tant d'années après, ce monde unique et marseillais, de le redécouvrir à même son sol, nus-pieds, accompagné d'un paradoxe, une fille, un "boucan" moulé orange, à la boucle provocante, une reine, une moqueuse juchée sur des talons "ça comme".

Un "boucan" qui se couchant, deux nuits plus loin, dans cet entrepôt sur trois niveaux qu'elle a bâti elle-même, se couchant près de moi me prévint :
Elle va lire "son" Achille Talon.

Ce qu'elle fit.
Et me plu.



podcast

21:13 Écrit par Josey Wales dans Marseille-Ma-Belle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marseille, la plaine, cours julien, escarpins, plateforme, boucan, achille talon |

 
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