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13/04/2009

Tu Peux Crever !

Assassine

Tu peux bien hurler, geindre, ramper, supplier, bomber le torse, faire ta pute, insulter même, rien : tu peux crever !

Tu peux mal ou bien tenter de saigner par des mots, les dérisoires, les impuissants, ce que tu souffres, ce dont tu manques, ta béance, l'agonie, la sienne, un espoir, le dernier, le tien, rien : tu peux crever !

Tu peux bien faire ou défaire, te faire sauter la tête, alouette, lier, allier, délier, rien de rien, il n’y a plus rien, un Sidaction et puis s’en vont, ils et elles te tairont, une autre fois te condamneront, comme ça, pour rien, demain comme hier, et toi, de ce pire que silence, rien, il ne restera rien : tu vas crever !


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23:09 Écrit par Josey Wales dans HIV, Mon Amour, Shock Corridor | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : sida, agonie, écriture, reconnaissance, écrire pour survivre, sidaction, écho, silence, solitude |

22/08/2008

Jean Carmet

Un Jean Bien

Il racontait souvent cette histoire, Jean.
Une vraie histoire.

Une fin d'après-midi, il descend, seul, les Champs-Elysées.
Un homme les montant, l'accoste et lui dit :

- Monsieur Carmet ?
- Oui, répond Jean.
- Je voulais vous dire : vous êtes triste. Vous êtes triste et surtout, vous êtes seul.

Interloqué -
t'as vu comme je sors des mots incroyables : interloqué ! Non mais quelle honte !

Interloqué, banalisais-je, Jean Carmet lui dit  :

- Mais pas du tout ! ... Enfin voyons, je ne suis pas triste ! ... Quelle idée ! ... Et je ne suis pas seul ! .. Et d'ailleurs, je m'en vais voir des amis .. Et puis, vous savez, j'ai .. J'ai une famille, une femme ...
- Non, Monsieur Carmet. Non ! .. Vous êtes triste. Et ... Comme vous êtes seul !

Et sur ces mots, l'homme continua son chemin.

Quatre ans plus tard, Jean Carmet passe des vacances en Martinique.
Un matin, très tôt, il décide de faire une balade, seul, sur la plage.
Histoire de prendre l'air.
Tout simplement.

Il marche sur cette plage quand au loin, il aperçoit une silhouette.
Et plus elle avance vers lui et lui vers elle, plus cette silhouette lui semble familière.
Curieusement.

Aussi incroyable que cela paraisse, il s'agit du même homme.
Celui qu'il avait croisé, quatre ans plus tôt, sur les Champs-Elysées.

Arrivé à sa hauteur, et sans s'arrêter de marcher, l'homme dit à Jean :

- Je vous l'avais bien dit.



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01:53 Écrit par Josey Wales dans Une Pause | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : jean carmet, solitude, tristesse, paris, martinique, plage, friday |

16/08/2008

Qu'Est-Ce Que Tu Vas Faire De Moi ?

"Etre seul, c'est s'entraîner à la mort."
[Louis-Ferdinand Céline - Voyage Au Bout De La Nuit]

Red & Raide

J'suis qu'un p'tit mec sans importance.
Qui se branle sur l'Internet.
Qu'éjacule des points, des guillemets, des virgules.

Et vas-y que j'me pignole le cassis, jusqu'à ce que, par à-coups, elles giclent, les garces, en paraboles fadasses et métaphores de pétasses.
Les apocopes, les aphérèses, toutes ces grognasses, j'te les fais reluire, moi, j'te les astique, et copieux.

J'suis qu'un foutriquet qui s'croit fertile de l'imagination, un écrivaillon du pénible qui s'répand, se vautre et s'étale en geignarderies, en regarde comme j'ai mal, au coeur comme au cul.

J'suis qu'un malfrin qui s'croit malin, qui fait dans l'épate al dente, la bite au poignet, turgescent de l'égo, décalotté du cervelet, bandant de suffisance, et dans le falzar, la présomption d'un jean-foutre.

J'suis qu'un baba qu'a viré bobo, un va-nu-pieds, un vagabond, un prisonnier de l'inutile, un solitaire de pacotille qui s'envoie sa bibine avant que la rosée s'radine.

J'suis qu'un taciturne, handicapé verbal, orphelin de la glotte, une vache limousine qui s'émeut quand, sans mots dire, elle les voit passer ; les trains, ceux du bonheur.

"Si la vie est un métier, alors je n'ai aucun don !" [Jean-Louis Murat - "Le Môme Éternel"]

J'suis qu'un sniper de Blog, qui mitraille et balance des comm' à la con et se fait agonir comme un péquenot.

Ah le joli ramponneau qu'il s'est pris le cul-terreux !
Comme il s'est fait gravement estourbir, le morveux !
J'en ai le coeur qui bagotte.
Tellement c'est bien fait.
Pour ma gueule.

Faut pas lui chatouiller les arpions, à la dame, sinon, elle t'envoie paître, à jolis et grands coups de tatanes.
C'est tellement bon, que j'en redemande !
Oh oui, vas-y, refous-moi z'y une trempe, colle-moi un aller sans retour, botte-le moi l'arrière-train.
Vrille-les moi, mes baveries.
Atomise-les, mes calembredaines.

J'suis qu'un petit mec sans importance.
Qui se branle sur l'Internet.
Qu'éjacule des points, des guillemets, des virgules.
Et pourtant.

Et pourtant, j'en rêve, j'en pète, de m'y introduire dans votre tatouée parenthèse.
J'me f'rai belle, tu verras, et par-devers moi, remiserai, paraboles et métaphores, ces pétasses fadasses issues de mon imagination pénible.
Ouais, moi le nourrisson, j'veux bien téter du bonheur, tâter de la peau lisse, tutoyer vos courbes, les bouleverser de maladresse.
Quand bien même, le saviez-vous, un homme heureux ne peut-être, en définitive, qu'un "mâle heureux".

Alors, dis-moi, maintenant que t'en sais plus, sur ce mec, ce bobo qu'a mal, mal.
C'te écrivaillon à la petite semaine qu'à le réveil bougon mais qui en pince pourtant, qu'aurait même comme le béguin et des envies de train.
Ouais, maintenant que t'en sais plus sur le mondain qui fait sa rebelle de jour, sa diva de salon, dis-moi :

Qu'est-ce que tu vas faire de moi ? 



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20:10 Écrit par Josey Wales dans Confession, L'Epris | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : benedicte desforges, onanisme, ecrire, détruire, imagination, bonheur, solitude |

 
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